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DÉCLARATION DE PIERRE LAURENT DU 3 AVRIL 2014

 

La situation que connaît notre pays est d’une profonde gravité. Elle ne l’est pas seulement parce que notre pays souffre d’un chômage et d’une précarité endémique qui rongent la vie de familles chaque jour plus nombreuses, d’inégalités toujours plus grandes, d’une hémorragie industrielle qui ne s’interrompt pas, d’une crise historique du logement.

Elle est insupportable parce que, face à ces difficultés criantes pour le plus grand nombre, le monopoly financier des grands groupes se poursuit sur le dos du monde du travail, des salariés de toutes conditions, comme sur celui de beaucoup de PME, le chantage du patronat à la baisse des cotisations sociales et des droits du travail ne connaît plus de cesse, les dividendes versées à des actionnaires de plus en plus désintéressés par l’intérêt général continuent de grimper avec constance, et comble du cynisme, comme un très mauvais poisson d’avril, le CAC 40 vient de battre son record annuel, le mardi 1er avril, en dépassant les 4 400 points, un record notamment porté par l’excellente montée des actions des groupes bancaires français.

Mais surtout, oui surtout, la situation est grave et insupportable, parce que les alertes lancées par nos concitoyens continuent d’être ignorées, méprisées. François Hollande qui avait été élu, après les années terribles du gouvernement Sarkozy, pour redresser notre pays, pour enfin l’écouter et le respecter, pour redonner le sens de la justice sociale, continue de tourner le dos à ses électeurs.

Désavoué massivement dans les urnes aux élections municipales, il devrait entendre le message. Non, il vient de nommer Manuel Valls à la tête du gouvernement comme un camouflet de plus infligé aux attentes populaires à gauche. Le pays s’enfonce aussi dans une crise politique, démocratique et institutionnelle qui risque de s’aggraver encore. La France, la gauche sont mises en danger par cette fuite en avant. La droite et l’extrême droite rivalisent de démagogie pour profiter de cette crise en espérant reconquérir tous les pouvoirs. François Hollande a nommé, autour de Manuel Valls, un gouvernement qu’il appelle « de combat » pour mettre en oeuvre à marche forcée un pacte de responsabilité, négocié avec le Medef et un programme de 50 milliards de réduction de dépenses utiles qu’aucune majorité populaire, qu’aucune majorité de gauche n’est, en réalité, prête à soutenir dans le pays.

Le Président de la République utilise les pouvoirs inconsidérés qui lui sont donnés par les institutions de la Ve République pour contourner le message politique adressé par le pays. Cette situation met, une fois de plus, le doigt sur l’anachronisme de ces institutions. Il est temps de reconstruire une nouvelle République, où un Parlement démocratisé, élu à la proportionnelle et rénové dans sa composition, grâce à la modification des modes de scrutins et au changement des pratiques politiques, retrouve le pouvoir de décider la politique nationale, où les droits des citoyens sont renforcés à tous les niveaux de décisions, pour garantir la souveraineté populaire sur ces choix, où le gouvernement est placé sous le contrôle du Parlement et non l’inverse.

Face à cette situation, il y a une urgence : faire respecter les exigences des Français qui veulent le retour de la justice sociale, d’une lutte efficace contre le chômage et les pouvoirs exorbitants de la finance, le retour au centre de toutes les politiques menées de la réponse aux grandes urgences du pays : ce ne peut être seulement des mots, encore moins quand ils sont contredits par les actes.

J’appelle les forces vives de notre peuple, les forces vives de la gauche sociale, politique, syndicale, culturelle, intellectuelle à se ressaisir. Je les invite à se rapprocher, à parler, à redéfinir ensemble les objectifs d’un nouveau cap politique à gauche, à décider d’agir ensemble pour imposer le retour à ces choix. Je leur lance à toutes et à tous un appel solennel au rassemblement et à la construction commune.

Aux travailleurs de toutes conditions, aux jeunes, aux abstentionnistes qui ne se reconnaissent plus dans le pouvoir actuel mais se reconnaissent dans les valeurs d’égalité, de justice, de fraternité de la gauche, aux socialistes qui ressentent, je le sais en grand nombre, douloureusement le désastre en cours, aux écologistes qui viennent de décider de sortir du gouvernement, à tous, je dis travaillons ensemble pour reconstruire une feuille de route partagée, une ambition commune, l’espoir d’une alternative politique à gauche.

Les besoins sont immenses, la France a la force d’y répondre.

Ensemble, nous pouvons refuser le pacte de responsabilité imposé par le Medef et les 50 milliards de réduction des dépenses publiques, en exigeant la remise à plat des politiques d’exonération de cotisations sociales coûteuses et inefficaces pour reconstruire de nouvelles politiques d’emplois, de formations, de services publics.

Ensemble, nous pouvons travailler à de grands programmes de relance de l’investissement public, industriel et de services, adossé à la mobilisation du crédit bancaire, de l’épargne et à un changement de la politique monétaire pour, d’un même mouvement, répondre aux immenses besoins de développement du pays et engager l’indispensable mutation sociale et écologique de tout notre système productif.

Ensemble, nous pouvons exiger l’ouverture de grandes conférences sociales, pour des Etats Généraux de la justice fiscale, la relance des services publics, la réouverture de toutes les négociations salariales, la revalorisation des minimas sociaux.

Ensemble, nous pouvons pousser la France à engager le bras de fer contre les orientations ultra- libérales européennes pour sortir des politiques d’asphyxie austéritaires, et permettre la relance sociale, industrielle et écologique dont les peuples d’Europe ont un besoin commun.

Demain, je serai aux côtés des syndicats et des travailleurs d’Europe à Bruxelles pour la grande manifestation de la CES.

Le sursaut citoyen et populaire de toutes les forces vives de la gauche doit se manifester, sans attendre, et se consolider dans la durée.

C’est dans cet esprit que nous avons initié, avec les forces du Front de gauche et de nombreuses personnalités et responsables syndicaux, associatifs, politiques, culturels, la grande marche du 12 avril contre l’austérité, pour l’égalité et le partage des richesses.

Cette marche, nous la mettons à la disposition de toutes celles et tous ceux qui veulent engager le sursaut politique salutaire dont toute la gauche a besoin, contre la droite et l’extrême droite, pour des politiques de justice. Nous y engageons toutes nos forces. Nous appelons à y participer massivement.

J’appelle tous nos concitoyens, tous ceux qui ont le coeur à gauche, tous ceux qui n’en peuvent plus, étouffent et veulent reconstruire l’espoir, à se joindre au cortège qui défilera de République à Nation, à Paris, le 12 avril, à 14 heures.

Cette dynamique, nous voulons aussi la porter dans les urnes avec tout le Front de gauche et tous ceux qui voudront se joindre à nous, le 25 mai prochain, lors des élections européennes.

Ce jour là, contre l’Europe de l’austérité et des marchés financiers, nous voulons, avec notre candidat commun en Europe : Alexis Tsipras, une victoire de la gauche qui refuse de se plier aux injonctions d’austérité, de déréglementation, de recul des droits sociaux, une victoire pour la refondation sociale et démocratique de l’Europe.

Nous jugeons indispensable et urgente l’entrée en lice des listes du Front de gauche, car le bulletin de vote Front de gauche, le 25 mai prochain, sera le seul bulletin qui dit clairement non à l’Europe de la finance, non au dumping social, à la mise en concurrence, aux salaires au rabais, oui à la protection et au développement des droits sociaux, de notre industrie, de nos coopérations.

Le Conseil national du PCF unanime a transmis, hier, à ses partenaires une offre pour la constitution des listes respectueuses de toutes les forces du Front de gauche, avec la volonté d’aboutir d’ici la fin de cette semaine.

L’enjeu et les responsabilités du Front de gauche sont immenses. Le groupe de la GUE-NGL auquel nous sommes rattachés, peut devenir le troisième ou le quatrième groupe du Parlement européen. C’est un défi et une chance.

Les forces démocratiques françaises ont une part essentielle à apporter à ce résultat. Ne tardons plus. C’est notre appel pressant. Le PCF est, pour sa part, d’ores et déjà, totalement motivé et engagé.

Avec le Front de gauche, nous avons rassemblé des forces lors des élections municipales. Après les résultats de ces élections, le PCF reste, avec le Front de gauche, la troisième force politique en terme de municipalités et d’élus locaux. Très loin devant le FN, présenté abusivement par les médias, comme le grand vainqueur du scrutin municipal.

Nous dirigeons, après ce résultat, malgré nos pertes et avec des gains significatifs, comme Aubervillers et Montreuil, 149 villes de plus de 3 500 habitants.

Ces forces et ces élus, dans tout le pays, sont et seront des points d’appui solides et indispensables pour toutes nos batailles.

 

JEAN ORTIZ NOUS PARLE DES RÉVOLUTIONS EN AMÉRIQUE DU SUD

Samedi 15 décembre, les Amis de l’Humanité 11 ont invité à Narbonne  Jean Ortiz pour une Conférence –débat sur l’Amérique latine, et les changements que de nombreux pays, dont le Venezuela, la Bolivie, l’Équateur …connaissent en ce moment.

Nous avons pu l’interviewer à l’issue de la soirée.

Q- Tu dis qu’il y a une désinformation organisée sur ce qui se passe en Amérique latine, une diabolisation de Chavez et qu’il est important de mieux comprendre les changements qui se produisent là-bas : pourquoi cette  désinformation, et même, cette manipulation d’information ?

 Jean Ortiz – L’Europe est en train de vivre ce qu’a vécu l’Amérique latine dans les années 1990, à la suite du « Consensus de Washington », thérapie de choc qui lui a été  imposée par le Fonds monétaire international (FMI) la Banque mondiale, etc …  sous l’égide des USA.

Au nom de la lutte contre les déficits publics, ils ont poussé à la destruction des services publics , à la diminution drastique des investissements publics et des budgets sociaux, à la libre circulation des capitaux, à l’ouverture des frontières, aux privatisations… bref, à tout ce que les gouvernements européens veulent maintenant imposer aux Etats européens par le biais du nouveau Traité européen Merkosyllande.

Or, on sait maintenant que ces politiques ultra-libérales « d’ajustement structurel » ont conduit l’Amérique latine à la ruine : en 2001, il y a eu en Argentine la faillite des banques, la ruine des petits épargnants … Le fameux « corralito » … des millions d’Argentins perdirent leurs économies, leurs biens, leurs emplois ; cela a eu des impacts criminels sur la population – – tous les jours, des enfants mouraient de faim- Les populations se sont soulevées (Argentine, Équateur, Bolivie…), ont chassé des présidents ;  les dégâts sociaux, humains, ont été considérables.

Cette faillite des politiques imposées à l’Amérique latine  par le néo-libéralisme a conduit à son rejet massif, radical. La légitimité du modèle néo-libéral a été contestée violemment. Au Venezuela, en Equateur, en Bolivie, de véritables insurrections populaires ont eu lieu contre les pouvoirs en place.  En 1989, à Caracas, le président social-démocrate Carlos Andres Perez a fait tirer sur le peuple qui protestait contre la hausse des tarifs publics, des transports (3000 morts) ; en Équateur,  la « CONAIE » (Confédération des nations indigènes de l’Équateur) a organisé des soulèvements  qui ont forcé plusieurs présidents à fuir ;  en Bolivie, il y a eu de nombreux morts pendant ce que l’on a appelé la « guerre du gaz, la guerre de l’eau » (la lutte contre les efforts de privatisations de ces ressources naturelles ) : l’expérience de ces pays nous montre la faillite d’un système, celui qu’on veut nous imposer maintenant, et ensuite, qu’il est vraiment possible de faire autrement, s’il y a VOLONTÉ POLITIQUE.

Q- Comment est-on passé des insurrections populaires aux gouvernements actuels qui se réclament du socialisme ?

La victoire électorale de Chavez au Venezuela en 1998 a eu des effets de contagion, a ouvert une nouvelle étape.

A partir de ce moment, on voit un retournement de conjoncture : le « Consensus de Caracas », et non plus le « Consensus de Washington », grand retournement de conjoncture, marque un changement considérable : un véritable « changement d’époque ».

Ensuite, avec la victoire de Évo Morales, en Bolivie, de Rafael Correa en Équateur, toute une série d’élections est gagnée par la gauche.

Q- Qu’ont de « gauche » et de « socialiste », les politiques conduites par ces gouvernements ?

J.O.- Dans leur diversité, elles ont un point commun : elles rétablissent la primauté du politique. Le rôle de l’État est revendiqué, élargi, renforcé, investi massivement  dans les services publics, les budgets sociaux, la santé, l’augmentation des salaires. Du coup,  l’Amérique latine vit aujourd’hui avec un taux de croissance inédit et résiste mieux à la crise que tous les autres continents : parce qu’on a remis le politique aux commandes, dans l’état, dans tous les secteurs de la société, dans la maîtrise des ressources naturelles, notamment, parce qu’on a nationalisé ce qui avait été privatisé dans les années 1990 ;  parce qu’également, on a travaillé à une intégration continentale équilibrée, mutuellement avantageuse, « juste », sans aliénation de souveraineté nationale, tout le contraire des accords de « libre-échange » prônés par l’Union européenne ( notamment pour le Pérou et la Colombie, en ce moment) et qui ne sont rien d’autre que le moyen de piller les ressources des pays qu’on prétend développer !

C’est là que réside l’espoir  pour nous européens : on peut faire autrement que subir la crise et l’austérité, en sortant de ce que nous impose la  logique dictée par l’impérialisme américain, l’Europe du fric et le capitalisme financier international. Et c’est pour cela que les gouvernements actuels, américain ou européens imposent la désinformation en ce qui concerne l’Amérique latine, injurient, insultent ses gouvernants, qui refusent le capitalisme, et ont choisi le socialisme.

Q- Il y aurait alors un « modèle »,  pour un socialisme du 21° siècle, en Amérique latine ?

J.O.- Les gens qui impulsent ces changements sont très critiques par rapport aux expériences des pays ex « socialistes » d’Europe de l’Est qu’ils ont analysées et ne veulent se référer à aucun moment à un soi-disant-modèle. Notamment,  ils rejettent l’idée de gouvernement  par le Parti sans le peuple, l’étatisation excessive, la notion de socialisme d’état . Pour autant,  le passif du « socialisme réel » n’invalide pas la nécessité d’une alternative socialiste, qui est à inventer : c’est un « socialisme du 21° siècle », qu’il faut comprendre comme  à la fois horizon, chemin, à inventer,  à tracer, et chantier. Le Venezuela, la Bolivie, l’Équateur… sont des laboratoires, leurs expériences sont des tâtonnements, mais le cap est bien fixé : un socialisme, oui, mais endogène, interculturel, issu des racines et des valeurs des communautés indiennes, des « libertadors », de la « théologie de la libération », et du marxisme.

Q- Cette référence à Marx est-elle compatible avec les autres valeurs auxquelles se réfèrent ces peuples, et leurs gouvernants ? Par exemple, on prie, en ce moment, pour la santé de Chavez, au Venezuela…

J.O.-La référence à Marx est une composante, parmi d’autres.

Chavez se déclare marxiste, ET chrétien.

Et ce socialisme qui est à inventer, doit se nourrir des valeurs des communautés, parce que, dans ces pays, la communauté est la base de  la société.  Cela n’a rien à voir avec le communautarisme au sens européen.

Par exemple, au Venezuela, depuis Chavez, dans les villages, il y a à la base les « conseils communaux «  qui prennent les décisions. C’est eux  qui reçoivent les budgets, qui les gèrent, qui choisissent les priorités, qui débattent, et leurs responsables sont révocables à tout moment. Ils vont devenir en 2012-2013 les communes socialistes… …

Pour l’interview  et pour les Amis de l’Huma 11 : : Jacqueline Rougier

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