Archives pour la catégorie laïcité

REFONDER L’ÉCOLE POUR L’ENFANT QUI N’A QUE L’ÉCOLE POUR APPRENDRE

Comment résoudre les problèmes que les élèves en difficulté posent à l’école Par Stéphane Bonnéry, responsable du projet éducatif du PCF, Maître de conférences en Sciences de l’éducation à l’Université Paris-VIII.

La laïcité à l’école est attaquée. Ses adversaires profitent des défaillances du service public d’enseignement, de ses difficultés à répondre aux défis de notre temps. Pour promouvoir l’école publique, nous devons définir un projet qui réponde à ces défis.

L’offensive du privé confessionnel est importante. Plus que sur des convictions religieuses, il recrute sur la peur du manque de qualité de l’école publique. « Supprimer les financements publics de l’enseignement privé » permettrait, certes, de récupérer quelques moyens pour l’école publique, mais ne répondrait pas au cœur du problème. La réponse principale doit être la transformation progressiste de l’école : la construction d’une école capable de permettre à toute une classe d’âge de s’approprier les outils de l’émancipation intellectuelle et le pouvoir que procurent les savoirs.
C’est le défi de l’école unique, avec les mêmes objectifs pour tous depuis la maternelle jusqu’à la fin du collège. Cette école unique reste à construire : depuis les années 1960, l’école accueille bien tout le monde, mais ne crée pas les conditions pour que tous les élèves apprennent et comprennent. Montrer que tous les élèves sont capables d’apprendre dans une école unique transformée, c’est s’attaquer au fonds de commerce du privé qui repose sur la peur de la « baisse du niveau » qu’engendrerait la présence d’enfants de familles populaires.

Pour relever ce défi, il faut refonder l’école selon le modèle de l’enfant, qui n’a que l’école pour apprendre. Ainsi, on couperait l’herbe sous le pied au marché privé qui se développe sur l’aide à la scolarité : l’apprentissage serait entièrement pris en charge par l’école. Cela implique de promouvoir la recherche en éducation, repenser la formation des enseignants et associer ces derniers à la conception de leur pratique. Cela nécessite du temps pour apprendre en classe, au lieu des journées raccourcies que nous propose le ministère sous prétexte de « rythmes » afin d’offrir les après-midi au marché éducatif.
Un autre défi est de donner à tous les moyens d’une réflexion rationnelle. Nombre d’élèves ont du mal à discerner ce qui relève de la croyance et ce qui relève de la science ou de la rationalité. Ils sont alors plus facilement séduits par les prosélytismes de tout bord.

Les élèves en difficulté ne posent pas de problèmes à l’école : ils posent les problèmes que l’école doit résoudre pour avoir une plus grande utilité sociale dans la formation du citoyen. Ainsi ces élèves ont-ils du mal à construire un point de vue réflexif, en pensant qu’ils ne peuvent qu’« exprimer leur ressenti » de façon brute. Ils ont du mal à voir en quoi l’expérimentation ou l’étude de documents d’information avec des protocoles rigoureux peut les conduire à évoluer dans leur réflexion et à ne pas accepter les idées convenues comme des vérités. Les idées d’un auteur, les consignes d’un enseignant leur apparaissent comme des paroles d’autorité auxquelles il faudrait se soumettre, et non comme des points de vue capables d’alimenter leur propre réflexion, des arguments rationnels leur permettant de se confronter au réel et de réfléchir sur leurs pratiques. Les élèves bien formés à réfléchir et à débattre à partir d’arguments rationnels sont de toute évidence bien plus préparés à ne pas être séduits par la « croyance » et les paroles d’autorité. Force est de constater que le bilan actuel de l’école publique est insuffisant en la matière, même s’il n’est pas non plus un échec total.
Le gouvernement et ceux qui se rangent à son idée de couper l’école unique en deux, avec le socle commun pour les uns et le programme complet pour les autres, renoncent de fait à développer ces dispositions intellectuelles chez tous les jeunes. Tous les élèves sont capables de réflexion et d’échanges argumentés, mais ils ne le sont pas à n’importe quelles conditions. Pour que les élèves qui n’ont que l’école pour s’approprier la culture savante puissent accéder à la réflexion critique et nourrir une pensée personnelle, la question du temps est essentielle. Les lamentations télévisuelles sur le trop grand nombre d’heures d’enseignement en France « oublient » que ce n’est pas par hasard : la France est l’un des seuls pays où l’égalité est une mission de l’école. La scolarité unique jusqu’à la fin du collège, quels que soient le territoire et la population, est aussi une des conditions pour développer dès le plus jeune âge la réflexion (en même temps que la mémorisation, au lieu de les opposer) et préparer tous les élèves à entrer au lycée et au-delà.
Pour relever le défi de la laïcité aujourd’hui, réorientons l’école afin de mettre en œuvre la formule de Brecht : « La culture est une arme, il faut armer le peuple. »

Stéphane Bonnéry

Darcos se transforme en Ministre de la garderie nationale

darcos.jpg

Xavier Darcos a déclaré que « les défilés ne changeront rien » et que « le gouvernement poursuivra sa réforme ». Le Ministre agit comme un fossoyeur de l’Education nationale, pour qui la provocation remplace le dialogue.

Les enseignants et les lycéens se mobilisent pour que l’Education nationale dispose de moyens suffisants permettant l’accès de tous à une école de qualité. Pendant ce temps, Xavier Darcos tente de transformer le service public de l’Education en garderie nationale. Cette basse manœuvre vise uniquement à diviser parents et enseignants.

Xavier Darcos n’a qu’un but : défendre une mauvaise réforme d’un gouvernement en déroute. L’objectif de l’Education nationale est de fournir une éducation de qualité à chaque élève. Les enseignants et les lycéens l’ont, eux, bien compris et c’est pour défendre cet objectif fondamental qu’ils se mobilisent aujourd’hui.

Le Parti communiste apporte tout son soutien aux manifestations du 15 mai, et appelle à une mobilisation la plus large possible pour le 22 mai.


Lycéens dans la rue…

lyceens1.jpg

Contre la casse de l’école, la mobilisation des lycéennes, des lycéens et des enseignants s’amplifie pour faire échec au plan de rigueur éducative de Darcos, véritable guerre à l’avenir engagée par le Président Sarkozy et son gouvernement.

Plus d’infos ? : téléchargez le Tract : Lycées à la rue, lycéens dans la rue ! PDF – 237.3 ko

Sauvegardons la laïcité de la République

Pétition à signer en ligne : 141 134 signataires au 24 mars / Vous aussi Signez la pétition

Les organisations et personnes signataires rappellent solennellement que, selon l’article 1er de la Constitution, la France est une République indivisible, laïque, démocratique et sociale. Ces quatre termes indissociables définissent des principes qui s’imposent à tous, au premier rang desquels le Président de la République. Or, les déclarations récentes de Monsieur Sarkozy, mêlant ses convictions personnelles et sa fonction présidentielle, portent atteinte à la laïcité de la République.

(suite…)

Ce n'est pas rien |
Mouvement Démocrate RENNES ... |
PARTI SOCIALISTE |
Unblog.fr | Créer un blog | Annuaire | Signaler un abus | ENSEMBLE AVEC SEGOLENE ROYALE
| Flamberge - Montereau
| pnogues