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POUR AIDER À UN DÉBAT SEREIN SUR UNE NOUVELLE DYNAMIQUE DU FRONT DE GAUCHE,QUELQUES ÉLÉMENTS D’ANALYSE À PROPOS DES EUROPÉENNES

ELECTIONS EUROPEENNES

Quelques éléments d’analyse
à propos des élections européennes

I – BREF RETOUR SUR LES EUROPÉENNES DE 2009

Les européennes de 2009 s’étaient déroulées huit mois après le déclenchement de la crise financière. Le temps était à la remise en cause du capitalisme et au retour de Keynes, voire de Marx. Elles avaient été marquées par une nouvelle progression de l’abstention et avaient vu la naissance du Front de gauche (FG), du NPA et d’EELV.

Avec le gain de deux députés1, le FG (6,17 % des exprimés en France métropolitaine) progressait de 0,81 %/exprimés par rapport au score du PCF en 2004. Il était talonné par le NPA (4,98 %). Le PS, déstabilisé par l’échec en 2007, avec 16,4 %, s’effondrait au profit d’EELV. Il perdait 12,5 % et 17 députés. EELV atteignait 16,28 %, soit une progression de près de 9 % sur 2004. Le Modem (8,43 %) perdait plus de 3,5 %. L’UMP (27,83 %) gagnait plus de 10 % et continuait à siphonner l’élec- torat FN. Après la présidentielle de 2007, le FN, avec 6,47 % et la perte de 3,3 % et de 4 députés, connaissait un second échec grave. Certains parlaient de « chant du cygne » du FN.

Avec la transformation par la magie médiatique de la crise du capitalisme financier en crise de la dette et de la dépense pu- blique, l’arrivée au pouvoir d’Hollande et la montée en puis- sance du FN, les européennes de 2014 se sont déroulées dans un tout autre contexte que celle de 2009.

II – L’ABSTENTION

Pour la première fois depuis 1994, l’abstention recule d’une eu- ropéenne à l’autre (-2,88 %). Cependant, avec 55,77 % des ins- crits, elle reste majoritaire. Ce recul de l’abstention affecte tous les départements sauf le Val-de-Marne et la Seine-Saint- Denis. Ces deux départements comptent parmi les plus faibles progressions du FN. Dans les zones de force et de progression du FN, la participation électorale augmente de manière consé- quente : Marne + 6,43 %/inscrits, Pyrénées-Orientales

+ 6,38 %, Orne + 6,05 %, Haute-Saône + 5,53%, Vosges
+ 5,45%, Alpes Maritimes + 5,36 %, Var + 5,36 %, Aube + 5,3 %, Haute-Marne + 5,13 %, Gard + 5 %. Les raisons du non-vote af- fiché par les abstentionnistes restent les mêmes que lors des autres scrutins : non intérêt pour l’élection, mécontentement vis-à-vis de la « classe politique » et de son système, mais aussi un profond rejet de l’Union européenne.
III – LE FRONT DE GAUCHE
Avec les élections européennes le FG vivait sa première élec- tion comparable. Sur la France métropolitaine, il passe de
6,17 % à 6,44 % (+ 0,27% et + 152262 voix), mais perd un dé- puté sur la circonscription Nord-Ouest. Sur les sept circons- criptions métropolitaines, il progresse dans cinq et perd dans deux.
Par rapport à 2009, le FG progresse en pourcentage par rapport aux exprimés dans 69 départements et en voix dans 83 d’entre eux. Le FG puise l’essentielle de son électorat chez les 18 à 59 ans et dans les professions intermédiaires. Il séduit 8 % des cadres supérieurs et ouvriers. Seuls 13 % des électeurs qui ont voté pour le FG, ont choisi de le faire pour sanctionner le gou- vernement.
Sur les exprimés, le FG a obtenu le vote de 56 % de ses sympa-

thisants, de 46 % des électeurs de Mélenchon en 2012, de 4 % des sympathisants du PS et 7 % des électeurs de Hollande, 1 % des sympathisants écologistes, 3 % de ceux du Modem et 2 % de ceux du FN. Par contre, 5 % des sympathisants du FG ont voté LO ou NPA, 4 % pour le PS, 16 % pour Nouvelle donne, 3 % pour EELV et 8 % pour le FN. Concernant les électeurs de Mélen- chon en 2012, 2% se sont portés sur LO ou le NPA, 11 % sur le PS, 13 % sur Nouvelle donne, 12 % sur EELV, et 3 % sur le FN2. Le FG est donc très légèrement au-dessus de son étiage de 2009, ce qui n’est pas rien dans le contexte actuel de déroute de la gauche. Mais les potentielles marges de progression sem- blent avoir été phagocytées par Nouvelle donne et l’abstention de nombre d’électeurs gagnés au moment de la présidentielle. Il ne profite pas des forts reculs du NPA, du PS et d’EELV. IV-LENPA

L’extrême gauche et singulièrement le NPA connaissent une vé- ritable déroute. Dans 67 départements où il était présent, le NPA recule partout, passant de 4,99 % à 0,4 % des exprimés (-767 580 voix). Reste à savoir où sont allées ces voix : dans l’abstention, au FG ? Mais il n’est pas à exclure que des voix du NPA se sont dirigées vers le FN, ce que semble indiquer les

27 % de sympathisants de Solidaires ayant voté FN (sondage IFOP-l’Humanité).
V – NOUVELLE DONNE
Cette nouvelle formation politique composite, se réclamant d’un fédéralisme européen keynésien et authentiquement de gauche, formée de socialistes et d’écologistes en rupture de ban, d’ex-compagnons de route du FG et de disciples d’Hessel, a réussi à rassembler 546 359 voix et 2,94 % des exprimés. Un obstacle objectif à ce que le FG rassemble au-delà de son socle européen de 6 % 3. Cette question renvoie aux déficits actuels de capacité du FG à s’élargir, à débattre avec d’autres et à ras- sembler grand angle.

VI- LE PS

Après les élections partielles, les municipales, coincé entre un désaveu de sa politique nationale et une campagne européenne schizophrène sur l’austérité, le PS connaît un nouveau naufrage électoral. Certes, en France métropolitaine, il ne recule que de 2,51 %, passant de 16,41 % à 13,90 % (-189 064 voix), mais ce résultat intervient après celui déjà catastrophique de 2009. Le PS recule dans 88 départements métropolitains, il ne progresse sur 2009 qu’à Paris (+ 4,47%, + 31 832 voix) et en Haute-Vienne (+ 3,04%).

VII – EELV

EELV subit un sévère recul qui doit être relativisé à l’aune de ces résultats exceptionnels de 2009. EELV est en régression sur tous les départements métropolitains (-7,34 % et -1 086 979 voix), passant de 16,28 % à 8,95 %. Elle est pourtant la forma- tion, juste après le FN, qui rassemble le plus ses sympathi-sants (71 %)4.
VIII – LE TANDEM MODEM/UDI
La comparaison entre les listes Modem-UDI de 2014 et les listes Modem de 2009 est brouillée par le fait que l’ancêtre de l’UDI, le Nouveau Centre, faisait liste commune avec l’UMP en

2009. Cependant, les listes Modem-UDI progressent par rapport aux listes Modem dans 56 départements, passant de 8,38 % à 9,93 % (+1,55 % et 428 606 voix). Le cœur de cet électorat se trouve chez les plus de 60 ans et les cadres supérieurs.

IX – L’UMP

L’UMP, contrairement aux municipales et aux élections par- tielles, ne profite pas de la déroute du PS en particulier et de la gauche gouvernementale en général. La fête est à la fois gâ- chée par la forte progression du FN et la résistance des listes Modem-UDI. C’est pourquoi, en dépit de la défaite de la gauche gouvernementale, l’UMP connaît elle aussi un revers en perdant en Métropole (-6,30 %), passant de 27 % à 20,7 %, soit 714 750 voix de moins. L’UMP est en recul dans 93 départements. Si elle a su mobiliser 74 % de ses sympathisants et 58 % des élec- teurs de Sarkozy, il n’en reste pas moins que 11 % de ses sym- pathisants et 15 % des électeurs de Sarkozy de 2012 ont cette fois voté FN.
X-LEFN
Avec 25,18 % des exprimés en France métropolitaine (+18,7 % et 3 579 953 voix), le FN est le vainqueur des élections. Il pro- gresse dans tous les départements. La plus faible des progres- sions est 6,61 % à Paris, la plus forte de 26,62 % dans l’Aisne. Le FN rassemble 30 % des votants chez les moins de 35 ans,
43 % des ouvriers, 38 % des employés et 37 % des chômeurs. Le FN mobilise plus de 90 % de ses sympathisants et des élec- teurs de Marine Le Pen en 2012. Les motivations de vote sont l’immigration, la volonté de sanctionner le gouvernement mais aussi les questions économiques et sociales. Dans ce résultat, les médias dominants en ouvrant en permanence leurs plateaux aux dirigeants du FN portent une responsabilité accablante.
Il ne faut ni banaliser ce résultat en le comparant à la prési- dentielle ou en le relativisant en regard du niveau d’absten- tion, ni paniquer s’imaginant que le FN est aux portes de l’Ély- sée, ni essayer de deviner si la motivation première des élec- teurs du FN est la phobie des étrangers, la détestation du gouvernement ou les questions sociales.
Il faut s’attaquer avant tout aux problèmes politiques graves que pose ce résultat, à savoir :
• L’amalgame dans le discours frontiste entre leur fonds de commerce d’origine raciste, des références historiques aux fi- gures progressistes de l’Histoire de France, et un discours éco- nomique et social parfois pompé intégralement sur le pro- gramme du FG. Cet amalgame est une machine de guerre pour disqualifier toute alternative progressiste au couple infernal social-libéral et libéral-social.
• La question d’une partie de la jeunesse populaire, pour qui le clivage gauche-droite n’a, au vu de leurs expériences sociales et politique, guère de sens et qui est travaillé par le multicul- turalisme à la sauce Dieudonné-Soral.
• L’amalgame entre l’insécurité lié à la délinquance et l’insécu- rité sociale.
• Les questions de nation, souveraineté, citoyenneté, démocra- tie ou, pour parler concrètement, comment je peux exercer ma souveraineté à l’échelle européenne ou mondiale ?
En conclusion, ces élections européennes reproduisent en l’exacerbant un rapport de force qui s’est installé dès les pre- mières élections partielles en décembre 2012. Elles sont l’ex- pression d’une situation politique bloquée et d’une grave crise de régime au niveau national comme européen.μ

Yann Le Pollotec secteur Élections du PCF

  1. MarieChristineVergiatdanslacirconscriptionSud-Estet Jean-Luc Mélenchon dans la circonscription Sud-Ouest. Notons que ce gain intervenait alors que la France, en ap- plication du Traité de Nice, perdait 6 sièges de député par rapport à 2004. En 2014, elle a regagné deux sièges qui fu- rent attribués à la seule circonscription Île-de-France en raison de l’ajout des Français expatriés à cette circonscrip- tion.
  2. SourceIPSOSsondagedeveilledescrutin.
  3. Avantl’émergencedeNouvelledonne,leFrontdegauche

    était donné dans les sondages à un niveau entre 9 % et

    10 %.

  4. Sondage IPSOS veilledescrutin.

Les électeurs de Mélenchon de 2012 sont aussi « abstentionnistes » que ceux de Hollande, les sympathisants actuels du FG ont été avec les partisans de l’UDI les plus mobilisés pour voter. Pour la mouvance de l’extrême droite, c’est le phénomène inverse, ce sont plus les électeurs de 2012 de Le Pen que les sympathisants du FN qui sont allés aux urnes.

 

NON AUX RÊVES DU MEDEF

Michel Sapin : le VRP des actionnaires !

Sapin n’est pas un ministre de la République, c’est le VRP du patronat. Sa dernière déclaration « Notre amie c’est la finance, la bonne finance » en est l’illustration. Passons sur l’aspect que cette déclaration enterre le discours de Hollande contre le monde de la finance au Bourget.
Prenons l’actualité, c’est quoi la bonne finance ? Celle qui pousse les Marins de la SNCM à se battre pour sauver l’emploi après qu’un fonds de pension se soit gavé de dizaines de millions d’euros lors d’une privatisation scandaleuse ? Bouygues qui va s’engraisser une nouvelle fois sur le dos de l’Etat et donc du contribuable avec le dossier Alsthom ? Le CAC 40 qui bat des records quand le chômage bat lui aussi des records ? Ce sont les 159 milliards de trésorerie de 36 entreprises du CAC 40 ? Ce sont les 298,6 milliards d’euros d’intérêts et de dividendes payés par les sociétés non financières, illustration de la réalité du coût du capital ?

La « bonne » finance de M. Sapin, c’est celle que nous subissons et dont les profits saignent les salariés et leurs familles.
C’est celle de Warren Buffett quand il dit « Il y a une lutte des classes, évidemment, mais c’est ma classe, la classe des riches qui mène la lutte. Et nous sommes en train de gagner ».

Conférence sociale: le gouvernement a tué dans l’œuf toute tentative

Avant même ses conclusions, la troisième conférence sociale est d’ores et déjà un échec terrible pour François Hollande et Manuel Valls.

Ils en portent la pleine responsabilité car on ne peut impunément avoir autant de mépris et de brutalité pour les syndicats d’un côté, et, de l’autre, autant d’attention et de douceur pour le patronat. Le gouvernement a tué dans l’oeuf toute tentative de démocratie sociale en alignant les discussions sur les exigences du Medef. Ces conférences sociales, censées être le socle d’un « compromis historique » entre le monde du travail et le patronat, n’ont été que la justification médiatique d’une succession de régressions sociales pour les salariés, de l’ANI aux seuils sociaux, en passant par les retraites.
Aujourd’hui, tout est à reprendre, la méthode comme le fond.L’agenda du Medef ne peut être celui d’un gouvernement de gauche. C’est autour des questions de démocratie, de la cité à l’entreprise, et de droits des salariés, que le dialogue social doit être maintenant repensé. La gauche doit rapidement se reconstruire autour d’un projet de progrès social, dont l’intérêt général serait le garant et le moteur.

Vite la fronde de gauche !

Tous ces renoncements encouragent la droite, l’extrême droite et la diffusion de leurs idées. Se rassembler pour une alternative à gauche, et de gauche, est d’une urgence vitale. De plus en plus nombreux, même au sein du parti socialiste et chez les écologistes, l’idée s’affirme que la politique de Valls et Hollande nous enferment dans une dépression économique, sociale et démocratique. Valls dit la gauche peut mourir et c’est sa politique qui la tue en tournant le dos aux promesses et à ce que la gauche veut dire.

Avec tous ceux et celles qui cherchent, à gauche, une autre voie que l’austérité, il y aura naturellement des débats sur les solutions. Mais ce qui est nouveau, c’est que la discussion existe, dans les luttes, avec les salariés et les syndicalistes, avec tous ceux et toutes celles, responsables associatifs, écologistes, socialistes, Front de gauche, abstentionnistes… pour chercher ensemble une issue.

Il faut ouvrir en grand ce dialogue en lien avec les luttes, , avec toutes les forces vives de la société, avec tous ceux et celles qui expriment les urgences populaires.

EUROPÉENNES INTERVIEW D’ALEXIS TSIPRAS, candidat de la Gauche européenne à la présidence de la Commission Européenne

 

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ALEXIS TSIPRAS :  » LE SEUL VRAI CHOIX C’EST NOUS, LA GAUCHE EUROPÉENNE, OU ANGELA MERKEL »

La Gauche européenne a le vent en poupe. Ses listes pourraient réaliser de très bonnes performances au Portugal, en Grèce, en Irlande et à Chypre. Et flirter avec les 10 % dans nombre d’autres pays comme la France et l’Espagne. Au total, elle pourrait multiplier quasiment par deux le nombre d’élus (35). Son candidat à la présidence de la Commission européenne, Alexis Tsipras, pointe, dans un entretien avec L’Humanité Dimanche, les trois axes que défendra son groupe.

Qu’est-ce que peuvent changer ces élections européennes, dans un climat de forte défiance et de désenchantement vis-à-vis du projet européen ? Qu’apporterait un bon score du PGE ?

Alexis Tsipras. Nous devons désavouer par les urnes ceux qui ont imposé l’austérité, non pour solutionner la dette colossale de l’euro zone, car ils l’ont aggravée, mais pour réorganiser les économies européennes sur le modèle du capitalisme néolibéral.

Cette fois, le vote des citoyens européens va influencer l’évolution, non seulement de chaque pays isolément, mais de l’Europe dans son ensemble. Ces élections ont une importance historique. C’est le référendum d’une vie. Parce que l’Europe se trouve à un carrefour décisif. Ou elle continuera avec de l’austérité, du chômage et de la pauvreté pour de nombreuses années, avec moins de démocratie, ou elle changera de cap, avec du développement, de la justice et du travail décent, avec plus de démocratie. Notre sort tient dans notre vote. Et le seul vrai choix c’est nous, la Gauche européenne ou Angela Merkel. Plus forte la Gauche européenne sortira des urnes, plus profondément sera ébranlé le rapport de forces actuel en Europe qui impose l’austérité permanente. Plus forts nous serons, plus grande sera notre possibilité de négocier la fin immédiate de l’austérité et le rétrécissement de l’état social, au profit du monde du travail et de la culture dans toute l’Europe. Les premiers à se rendre aux urnes doivent être les victimes de cette crise, les jeunes et les femmes. Que les pionniers du changement en Europe soient issus des chômeurs. Parce que, dans quelques jours, nous avons une occasion qui ne se présente qu’une seule fois par génération, celle de rendre l’Europe meilleure. Nous devons la saisir.

HD. Vous avez multiplié les déplacements en Europe, comment appréciez-vous la situation économique et sociale de l’UE ?

Alexis Tsipras. La gestion de la crise a accentué la crise ellemême. Elle a aggravé le problème initial qu’elle était supposée résoudre, à savoir la dette colossale de la zone euro, tandis que parallèlement la crise s’amplifiait et passait de purement financière à sociale, humanitaire et environnementale. Et conduisait au recul de la démocratie. En quatre ans, l’Europe d’après-guerre a été déstructurée. Les conséquences de cette gestion sont visibles. Un chômage très élevé chez les jeunes frappe tous les pays d’Europe, tandis que, sous la menace du chômage, la précarité de l’emploi par la violation des droits du travail devient la règle. Il y a une pauvreté, une récession dramatique, une perte importante de revenus, un démantèlement de l’État providence et des droits collectifs, une accentuation des inégalités et la redistribution de richesses et de puissances au profit de l’oligarchie financière.

HD. Quels seront les grands axes de votre politique ? Qu’allez-vous défendre au Parlement européen ?

Alexis Tsipras. Tout d’abord, ma candidature, au nom de la Gauche européenne, à la présidence de la Commission européenne, dépasse le clivage Nord-Sud. Elle unit les peuples et les pays que la gestion de la crise néolibérale divise. La Gauche européenne a pour objectif une Europe démocratique, sociale et écologique. Nous nous battrons pour mettre en pratique la réorganisation démocratique des institutions de l’Union européenne, le remaniement écologique de la production et la réforme du cadre européen en matière d’immigration. Ce sont les trois grands axes de notre politique. Dans ce contexte : – nous soutenons l’abolition immédiate de l’austérité et des mémorandums et la relance coordonnée de l’ensemble des économies européennes ; – nous voulons une véritable Banque centrale européenne, agissant comme prêteur en dernier ressort, non seulement pour les banques mais aussi pour les États ; – nous croyons que l’Europe a besoin de sa propre loi Glass-Steagall, afin de séparer les activités commerciales et d’investissement des banques, et d’éviter cette fusion dangereuse de risques en une seule entité incontrôlée ; – nous voulons une législation européenne efficace pour taxer les activités économiques et entrepreneuriales offshore ; – nous soutenons la résolution collective, fiable et décisive de la crise de la dette de la zone euro par l’organisation d’une conférence européenne de la dette, similaire à celle organisée à Londres en 1953 pour la dette de l’Allemagne. À la place d’une Europe qui redistribue les revenus aux riches et la peur aux pauvres, nous proposons notre propre Europe de la solidarité, de la sécurité économique et sociale, de l’emploi et de la prospérité.

 

HD. Quelles sont, selon vous, les premières mesures d’urgence à prendre au niveau de la gouvernance européenne ?

Alexis Tsipras. Libérer l’Europe de l’austérité sera une victoire au symbolisme puissant et aux prolongements politiques profonds. Par conséquent : – nous devrons retirer la Commission européenne de l’institution de la troïka, dans chaque pays où elle est en application ; – nous devrons geler les négociations avec les États-Unis sur le partenariat transatlantique de commerce et d’investissement (TAFTA) ; – nous devrons abolir le cadre institutionnel de la gouvernance économique imposé par le rapport actuel des forces politiques en Europe. Parallèlement, nous commencerons la réorganisation démocratique de la Commission européenne, en assurant la transparence de son fonctionnement, mais aussi la participation des citoyens à la prise des décisions qui les concernent, afin de faire face au déficit démocratique.

HD. Est-il possible de mettre en échec le TAFTA que vous évoquiez à l’issue du scrutin européen ?

Alexis Tsipras. Ce traité conduit à la dévalorisation de la démocratie. Nous ne pouvons concevoir un traité commercial qui donne la priorité à des investisseurs privés par rapport aux gouvernements démocratiquement élus, quand ils jugent que leurs « droits » sont touchés par un changement de la politique économique et d’investissement. Avec la Gauche européenne à la présidence de la Commission européenne il n’y aura pas d’accord commercial avec un tel contenu. Et il est évident que nous ferons appel au référendum pour des choix cruciaux pour la vie des citoyens de l’Union.

HD. Quelle est votre position sur l’euro ?

Alexis Tsipras. Comme vous le savez, l’abandon de la monnaie commune et la concurrence monétaire entre les États et les peuples de l’Europe ne sont pas notre choix. Nous ne sortirons de la crise ni par une dévaluation interne, comme le veulent les mémorandums, ni par une dévaluation monétaire. Nous sortirons de la crise par l’effacement de dettes et par un nouveau pacte social, avec un new deal européen pour financer la croissance, renforcer l’emploi et la cohésion sociale.

HD. Les libéraux européens citent l’Espagne, l’Italie et la Grèce comme des symboles de la réussite des politiques d’austérité, qu’avez-vous envie de leur répondre ?

Alexis Tsipras. Je réponds par quelques chiffres qui prouvent que l’austérité néolibérale en Grèce est un crime. Selon les éléments de la Commission européenne, la pauvreté en Grèce est hors de contrôle : 34,6 % de la population grecque est menacée par la pauvreté et l’exclusion sociale. Ce pourcentage a augmenté de cinq points durant la période 2008-2012. C’est le quatrième plus haut taux dans l’Union européenne derrière la Roumanie, la Bulgarie et la Lettonie. La pauvreté des travailleurs concerne 15 % de la population. Six personnes sur dix ne vont jamais chez leur médecin parce qu’elles n’ont pas d’argent. Trois millions de personnes, sur une population totale de onze millions, n’ont pas d’assurance santé. 40 % de la population économise sur la nourriture pour acheter ses médicaments. Selon le rapport de l’Institut du travail de la GSEE pour 2013, à la fin de l’année, le chômage a atteint le niveau de 1961, soit environ 30 %. En 2014, il atteindra 31,5 %. Le niveau de vie des citoyens s’est dégradé d’au moins 50 % par rapport à celui de 2008 à cause de la diminution des salaires, des retraites, et aussi à cause des charges fiscales. La demande intérieure a diminué de 31,3 % entre 2009 et 2013, revenant au niveau de 1999. En quatre ans d’application, le mémorandum a plongé l’économie grecque dans une récession profonde et qui perdure. Concrètement, la récession due au mémorandum a dépassé 2,2 % rien qu’en 2013, contre une récession totale de 3,3 % pour 2008 à 2009. Globalement, la Grèce a perdu plus d’un quart du revenu national d’avant la crise. Pour 2014, l’OCDE prévoit une récession de 0,3 % pour l’année et reporte la croissance à 2015 – et ça sous conditions. Ce même mémorandum a propulsé la dette publique à un niveau très élevé, sans précédent et non viable. Il l’a augmentée d’environ 50 % en pourcentage du PIB. Elle atteint aujourd’hui 176 % du PIB.

HD. Quelles leçons tirez-vous de la crise ukrainienne ?

Alexis Tsipras. L’Europe, malheureusement, expérimente à nouveau en Ukraine l’arsenal de la guerre froide.

 

Elle a très vite oublié qu’elle en a été la plus grande victime. Comme elle a aussi oublié aussi que ses fondateurs l’avaient conçue pour être le garant de la paix dans l’Europe d’après-guerre. Et le chemin de la paix c’est le dialogue, pas les sanctions. C’est pourquoi nous demandons à toutes les parties impliquées, à l’OTAN, aux États-Unis et à la Russie, d’éviter tout mouvement d’escalade de la crise. Toutes les parties doivent immédiatement cesser les menaces et l’usage de la force. Et pour qu’il n’y ait pas de nouvelles annexions en violation du droit international, il faut que cessent immédiatement les opérations de la garde nationale dans l’est de l’Ukraine. Que les néonazis soient écartés du gouvernement de transition de l’Ukraine. Que les forces de l’OTAN se retirent des pays voisins de la Russie. Que les forces russes se retirent des frontières de l’Ukraine. Un nouvel Helsinki est urgent, une nouvelle conférence pour la création d’un système de sécurité collective en Europe, avec la participation de la Russie dans le cadre de l’Organisation pour la sécurité et la coopération en Europe (OSCE). Une conférence sans gagnants ni perdants. L’Ukraine unifiée, éventuellement sous la forme d’une fédération si ses citoyens le choisissent, peut être un pont entre l’Est et l’Ouest. L’Union européenne n’a pas à pousser l’Ukraine à choisir un camp.

 

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PARIS : 12 avril 2014 MARCHE CONTRE L’AUSTÉRITÉ,POUR LE PARTAGE DES RICHESSES

Lean-Luc Mélenchon, Alexis Tsipras Pierre Laurent, conduisant la marche

Jean-Luc Mélenchon, Alexis Tsipras Pierre Laurent, conduisant la marche

Dès 13h, les drapeaux rouges ont envahi la place de la République, à Paris où la statue est affublée d’une banderole portant l’inscription « Hollande ça suffit ! ». D’énormes ballons portant les logos de différentes organisations syndicales flottent dans le ciel en signe de ralliement pour les salariés en lutte. De nombreuses personnalités du monde associatif, des universitaires, des artistes se sont également donné rendez-vous pour marcher ensemble contre l’austérité.
«Quand on est de gauche, on taxe la finance», «Quand on est de gauche, on est du côté des salariés», ou encore «Quand on est de gauche, en Europe c’est l’humain d’abord» peut-on lire sur les différentes banderoles tandis qu’un homme portant le masque de Guy Fawkes (Anonymous) tient à bout de bras un carton portant l’inscription « Envoyons Vallser l’austérité »

Dès 14h, en tête du cortège, face à Pierre Laurent  et Jean Luc Mélenchon qui encadrent leur invité d’honneur Alexis Tsipras, le candidat de la gauche européenne à la présidence de la Commission européenne, une nuée de micros et de caméras se pressent. « Il y a même Besancenot, dis donc ça fait bien longtemps que l’on ne l’a pas interviewé dans une manif ! », lâche une consœur de l’AFP. Plus étonnant encore que la présence du porte-parole du NPA qui avait appelé à manifester ainsi qu’un collectif d’associations et plusieurs fédérations syndicales, celle de Liêm Hoang Ngoc, membre du Bureau national du PS. Cet économiste qui s’affiche en tête de la marche confirme le « grand trouble dans l’aile gauche du PS », suite à la nomination de Manuel Valls.

C’est en rangs serrés que le cortège s’est ébranlé en direction de la place de la nation. Place Léon Blum, C’est la statue de l’homme d’état qui est mise à contribution avec une pancarte portant ces mots : « Ils sont fous. Même moi, je n’aurais pas voté Valls »

Malgré l’ambiance joyeuse, les visages étaient graves et une certaine ferveur était palpable parmi les manifestants, conscients de l’enjeu de cette mobilisation. « L’heure est grave, on ne peut plus rester sans réagir, me confie une jeune femme. Je ne suis adhérente à aucun parti politique, mais là, il faut qu’ils comprennent que ça suffit ! On a voté pour chasser Sarkozy du pouvoir, ce n’est pas pour avoir la même politique. Il faut un virage à gauche, Hollande le doit à ceux qui l’ont élu. »

Après l’électrochoc des municipales, qui a vu la débâcle du parti socialiste, les forces de gauches sont dans la rue pour récuser le tournant social-démocrate du chef de l’Etat, symbolisé par son Pacte de responsabilité et lui signifier que la nomination de Manuel Valls est un mauvais signal !

Cette marche «contre l’austérité, pour l’égalité et le partage des richesses»  est donc un grand succès. Plus de 100 000 personnes sont dans la rue annonce Jean-Luc Mélenchon sur twitter. On attend les chiffres de la police….

Mais au-delà des batailles de chiffres à prévoir, le vent d’espoir qui souffle cet après-midi entre République et nation est palpable. Gageons qu’il se traduira dans les urnes le 25 mai prochain lors des élections européennes !

Lettre déposée auprès de MH Fabre, députée de la circonscription, lors de la Marche contre l’austérité

SAMSUNG

Mme la députée,

Les politiques menées plongent notre pays et l’Europe dans une crise sociale, économique, morale et politique de plus en plus profonde
Licenciements, bas salaires, précarité, austérité… Ca suffit !
Les politiques d’austérité favorisent la montée du populisme et la prospérité des idées réaction- naires…

La volonté d’autres choix s’est clairement exprimée par une très forte abstention aux élections municipales et par une lourde sanction de la politique gouvernementale . Mais, ni vous, ni votre gouvernement, ni le président ne voulez entendre…

Changer de cap ? Non, Vals veut aller encore plus vite, encore plus loin, continuer ce qui échoue depuis 30 ans. Hollande a changé de gouvernement pour ne rien changer, et VOUS, vous l’avez voté !

Nous sommes dans la rue pour vous dire que l’austérité, ça suffit…
Hollande cède lorsque la droite la plus réactionnaire bat le pavé sur un discours de peur et de haine, mais il entend rester inflexible sur le cap de sa politique ultralibérale quand ceux qui par millions ont chassé Sarkozy, ceux qui vous ont élu pour vous attaquer à la finance, pour dire stop au libéralisme s’abstiennent massivement ou vous sanctionnent aux élections munici- pales…
Par votre faute, par votre fuite en avant, la démocratie parlementaire est bloquée, la seule solution pour se faire entendre c’est la rue…

Notre voix se fera plus forte afin d’obtenir une véritable politique de gauche, de mettre en échec le pacte de responsabilité dicté par le médef, de refuser le Grand Marché Transatlanti- que, d’obtenir un autre partage des richesses seul à même de pouvoir relancer l’économie et la confiance dans la gauche.

Il est de votre responsabilité, de votre fidélité à vos engagements électoraux que d’y répondre avec nous.

Retrouvez-vous, rejoignez-nous pour mettre en œuvre des réponses à la hauteur des souf- frances sociales et de la détresse des citoyens !

Les manifestants narbonnais du 12 avril 2014

Pierre Laurent : HAUSSE DU CHÔMAGE,ECHEC DES POLITIQUES D’AUSTÉRITÉ,ET RIPOSTE DE GAUCHE!

 Le secrétaire national du PCF, a vu jeudi dans la nouvelle hausse du chômage annoncée la veille l’échec de politiques appliquées « depuis vingt ans ». Pierre Laurent a assuré qu’il y avait « beaucoup de mécontentement » parmi les socialistes eux-mêmes. « Avec le Front de gauche, nous avons décidé d’inviter l’ensemble des organisations de gauche à une réunion unitaire le 4 mars » pour « préparer une riposte de gauche ».

« François Hollande poursuit la politique de Nicolas Sarkozy, il va dans la même direction et pire, il en rajoute une couche », a estimé Pierre Laurent ce matin sur BFMTV et RMC. « On donne des aides aux entreprises, on ne contrôle pas l’utilisation de ces aides, on encourage des politiques de rentabilité qui favorisent les dividendes et pas les salaires, on fait baisser la consommation et on se demande pourquoi ça ne marche pas ! », a déploré le responsable communiste. « On voit bien que François Hollande poursuit en la matière la même politique, il propose même d’en rajouter avec le pacte de responsabilité », a poursuivi le sénateur de Paris.

« Faire entendre une vraie voix de gauche »

« Il faut faire complètement autrement », propose le numéro un communiste. Il faut « stopper l’austérité », et « remettre à plat toutes les aides qu’on distribue aux entreprises ». Pierre Laurent a cité le crédit impôt compétitivité avec l’exemple du groupe Auchan qui touchera 120 millions d’euros. « La seule chose qui va augmenter, c’est les dividendes » des actionnaires, a-t-il dit. Il a assuré qu’il y avait « beaucoup de mécontentement » parmi les socialistes eux-mêmes. « Avec le Front de gauche, nous avons décidé d’inviter l’ensemble des organisations de gauche à une réunion unitaire le 4 mars » pour « préparer une riposte de gauche ». « Tous ceux qui ne se reconnaissent pas dans les choix erronés du gouvernement actuel doivent maintenant s’unir pour faire entendre une vraie voix de gauche », a-t-il insisté.

Voir l’intégralité de l’interview de Pierre Laurent sur BFMTV et RMC (article suivant)

MUNICIPALES : ENFIN LA LISTE À GAUCHE!

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ELECTIONS MUNICIPALES:A propos des déclarations de Jacques Bascou:

UN CITOYEN RÉAGIT AUX PROPOS DE JACQUES BASCOU DANS L’INDÉPENDANT:

GESTION ET POLITIQUE SONT INSÉPARABLES

 

« JE NE PEUX RESTER SANS REAGIR

Je ne sais si vous avez pris connaissance de l’interview de J. Bascou au journal L’Indépendant…

  Ses propos sont un chef d’oeuvre de conversion à… l’apolitisme. Et l’apolitisme, à Narbonne, on sait ce que cela vaut!

  Jugez par vous-même.

  L’Indépendant du mercredi 18 septembre:

                      « Question: Les écologistes, le Front de gauche?

                        Réponse de Bascou: Je ne crois plus aux accords d’appareils politiques, les électeurs sont au-dessus de ça, ils sont majeurs.         

Et puis, ce ne sont pas les partis politiques qui vont gérer la mairie.                        

 La seule et vraie question posée aux Narbonnais c’est, voulez-vous continuer avec Bascou ou pas? »

 Un tel dénigrement des partis politiques, je l’ai déjà lu dans le passé mais….sous la plume des Mouly, Madaule ou Pujau!  Et j’ai souvenir que la gauche unanime répondait par une référence: le rôle des partis dans la promotion de la citoyenneté ou dans la confrontation démocratique sur les enjeux de société. Que de chemin parcouru depuis! Pas dans le bon sens.

De tels propos  pourraient prêter à sourire venant d’une personne qui a fait toute sa carrière dans et grâce à un parti que je ne qualifierai pas d’ « appareil » par respect de ses militants

Mais malheureusement, ils s’inscrivent dans un discours idéologique aujourd’hui banalisé qui vise à discréditer partis et politiques -même celle qui ne se contente pas de gouvernance mais cherche à construire des alternatives à tous les niveaux  notamment à l’échelon communal.

Ils seront ressentis comme méprisants par ces hommes et ces femmes, adhérents d’un parti, quel qu’il soit, et qui, du moins pour ceux que je côtoie, n’attendent aucun profit personnel de leur engagement mais qui dépensent sans compter temps, énergie, réflexion pour faire avancer leurs points de vue, leurs convictions dans le débat démocratique, toujours avec le souci de l’intérêt général!

 Et parce qu’ils seraient membres d’un parti, ces hommes et ces femmes n’auraient rien à apporter à la gestion de notre ville!

 Faut-il encore rappeler que gestion et politique sont liées. « Narbonne ne se gère pas sous cloche » écrivait, avec juste raison, un ancien candidat socialiste. Oui, hier comme aujourd’hui, les choix gouvernementaux sur la décentralisation, les diminutions des dotations, le logement, les services publics… ne sont pas et ne seront pas sans conséquence sur la gestion de la ville!

 Quant à l’enjeu de l’élection municipale, penser qu’il se réduit pour Narbonne à « avec ou contre Bascou »: quelle prétention! Et quelle pauvreté dans cette présentation égocentrique du scrutin!

 Osons poser les questions foncièrement politiques dont cette élection est porteuses:

          La commune va-t-elle accepter ou résister aux choix d’austérité? Comment va-t-elle se positionner face à une décentralisation qui réduit ses prérogatives et éloigne les citoyens des instances de décision? Comment faire vivre une démocratie participative active qui serait le moteur d’une future gestion? Quelle priorité d’investissements va-t-on définir? Comment mettre un terme à un clientélisme insupportable? Etc

 Ce que je retiens de cette interview qui ne fait que confirmer une dérive, c’est la responsabilité du Front de gauche dans la constitution d’une liste qui, bien ancrée à gauche, mettra en débat la question essentielle de l’alternative en terme de gestion et de politique dans l’intérêt des Narbonnais. »

    Jean-Pierre Maisterra

 

 

                                                                                                                                                                                      « 

ÉLECTIONS MUNICIPALES

Document élaboré par le Front de gauche de Narbonne:

Philosophie de notre démarche:  » avec le Front de gauche et les autres organisations ou associations se reconnaissant  dans notre démarche, nous proposons pour l’élection municipale de Narbonne la constitution d’une liste citoyenne, véritablement ancrée à gauche, porteuse d’alternatives en terme de gestion et de politique, mettant en réflexion et en débat des propositions ouvertes répondant aux attentes démocratiques, aux enjeux écologiques, aux urgences sociales de notre Agglomération… »

Dix engagements, socle d’un futur programme:
1)Nous affirmons que la commune a de l’avenir comme institution de proximité, incontournable pour une véritable démocratie de proximité. C’est pourquoi, nous nous opposons à la réforme territoriale dont l’objectif est d’étioler ses prérogatives voire programmer sa disparition administrative pour la mise en place de structures inter ou supra communales qui éloignent toujours plus les citoyens des instances de décision. Ainsi, par exemple, le projet de loi Duflot propose de rendre obligatoire l’instauration d’un plan local d’urbanisme intercommunal dessaisissant les communes de leur pouvoir de maîtrise de leur urbanisation.

2)La commune doit disposer des ressources nécessaires à l’exercice de ses prérogatives: c’est pourquoi nous refusons les choix d’austérité qui réduisent les dotations et les aides indispensables au développement de l’action et de l’investissement communal. L’austérité se traduit par des retards d’ investissements utiles pour les populations, des reports de projets, des baisses de subventions pour le tissu associatif

3) Narbonne doit engager une reconquête de sa maîtrise publique pour une gestion plus efficace, plus sociale, plus humaine
Aujourd’hui, la gestion de « biens communs essentiels » – eau, traitement des déchets…- ou d’ « actions socialement utiles » -restauration scolaire,..-est confiée à des société capitaliste (Veolia, Nicolin, Sita Sud…).
L’externalisation ou la délégation au privé de missions publiques continue d’être décidée (nettoyage de la ville…: au regard de l’état des rues, le résultat est plutôt négatif!).
Des secteurs sociaux sont gérés comme des entreprises privées(les locataires de l’Office HLM sont considérés comme des clients-dixit le directeur de l’office-: ils doivent ainsi supporter par de fortes augmentations de loyers ou de charges le coût de la modernisation de leurs appartements ou de la réhabilitation de leurs résidences!)
Donnons aux services communaux les moyens de leurs missions publiques. Dégageons l’emploi communal des dogmes libéraux qui n’y voient qu’un coût à réduire ou de pratiques politiciennes qui le déconsidèrent en le déclinant avec clientélisme…
Nous mettrons un terme au clientélisme au niveau de l’embauche en liant emplois nouveaux et concours préparés par un centre de gestion indépendant ou en mettant en place une commission extra-municipale, chargée d’élaborer en toute transparence des critères objectifs ( qualifications, situation sociale, compétences..) pour ces nouveaux emplois et d’examiner les demandes d’embauche à partir de CV anonymes.

4) Narbonne a besoin d’une démocratie participative active qui place la consultation citoyenne au coeur de la prise de décision ou de l’élaboration du projet. Si une telle démarche avait été mise en œuvre ces dernières années, on aurait évité maintes erreurs de gestion toujours coûteuses comme le choix d’un revêtement salissant pour la rénovation des Barques ou des inepties de gestion telle la réalisation du front de mer de Narbonne-plage éloignant l’accès à la plage …Ou encore une mise en place de la semaine des 4 jours et demi pour des raisons partisanes, sans tenir compte de l’avis des conseils d’école, qui aboutit à une fatigue accentuée des enfants, des dysfonctionnements et des désorganisations au niveau des établissements .
Cette démocratie participative active est le fil rouge de notre gestion; elle prendra des formes diverses: « maisons citoyennes dans les quartiers, « Assises de la Ville » chaque deux ans, mise en place d’Observatoires citoyens notamment sur les inégalités…
Un exemple de démocratie participative à mettre en œuvre: le devenir de la caserne Montmorency.
Après le départ des gendarmes mobiles, la Ville a récupéré la plus grande partie de cet espace. Or à six mois de l’élection municipale, comme s’il y avait urgence, le conseil municipal vient de décider la vente des appartements de cette ancienne caserne: 2 bâtisses de 24 logements chacune à des bailleurs sociaux(1 à l’ALOGEA-ex société audoise- et 1 à Marcou Habitat) et le reste (56 appartements) est réservé au…privé. On refait ce qui s’est passé pour le Kursaal ou l’ancienne sous-préfecture de la place Verdun: des espaces publics acquis par la collectivité pour être revendus ensuite à des promoteurs privés!
Notre démarche est différente: ouvrir dans un premier temps cet espace aux Narbonnais afin qu’ils le découvrent et se l’approprient, répertorier les besoins et suggestions en terme de logements sociaux, de structures associatives manquantes, de décentralisation de services communaux, de lieux de rencontre pour les habitants du quartier…Et construire un projet d’ensemble dans la concertation en en conservant une maîtrise publique communale.

5) Narbonne doit s’insérer dans la transition écologique : notamment :
-établir un plan d’isolation des bâtiments publics ou sociaux
- élaborer un plan de déplacements au niveau de l’agglomération visant à réduire la place de la voiture ( surtout en centre-ville) et intégrant l’étude de la remise en état de la ligne ferroviaire Narbonne-Bize ( possible alternative à l’automobile dans cette partie ouest de l’agglo)
- en s’appuyant sur l’existant (jardins ouvriers), favoriser la création d’une véritable « ceinture verte » à dimension sociale et l’organisation de circuits courts en agriculture
- repenser les zones appelées à se développer en tirant les enseignements des erreurs urbanistiques commises dans le passé ( comme dans le secteur sud où, de Montplaisir à Réveillon, les promoteurs privés ont accolé lotissement à lotissement sans réaliser une cohérence de quartier) : créer des  » zones vertes mixtes » associant habitations, terrains agricoles destinés à du maraîchage ou à des jardins familiaux, avec de l’activité commerciale et artisanale non polluante et en imposant les services publics indispensables…
- revoir le système de transport en commun avec l’étude d’une gratuité-encouragement à l’utilisation de ce mode de déplacement.

6) Narbonne doit donner la priorité aux investissements répondant aux urgences sociales et écologiques. Quelques exemples:- réaliser une maison de retraite publique(c’est une urgence au regard de la cherté des établissements privés),
- porter à 30% le taux de logements sociaux pour répondre à la crise du logement (2 000 demandes insatisfaites à Narbonne selon l’Office HLM),
- doter les quartiers de « maisons citoyennes » permettant aux Narbonnais de s’investir dans la gestion de la ville,
- construire une Maison des associations, véritable structure d’accueil et d’aide au fonctionnement du tissu associatif…

7) L’agglomération doit être retravaillée en profondeur. Elle doit être en capacité de porter des projets consensuels, d’impulser de la coopération et de la synergie notamment dans le domaine économique( agriculture recherche , industrie) .
Elle doit privilégier les projets à mener en liaison ou en partenariat avec d’autres intercommunalités plutôt que de s’engager dans une concurrence avec elles.
Pour avoir une connaissance des réalités et de leur évolution, pour promouvoir, financer, aide à la concrétisation des projets…, elle doit se doter d’outils techniques et administratifs.
Elle doit se dégager de l’illusoire « tout-tourisme pour friqués ».
Son fonctionnement doit gagner en transparence et en démocratie en ne craignant pas le débat public voire la confrontation entre points de vue différents. Chacune de ses décisions doit s’appuyer au préalable sur un travail de coopération avec les communes concernées voire sur une démarche de consultation des populations…

8) Narbonne a besoin d’une municipalité qui s’engage dans les luttes porteuses d’intérêt général. Les employés de La Poste continuent de dénoncer la dégradation de leur service public. En refusant la disparition d’emplois publics et la détérioration de leurs conditions de travail, les hospitaliers résistent à une politique qui met à mal les établissements de santé publique. Depuis des années, les cheminots narbonnais font des propositions concrètes en faveur du développement de l’activité du site ferroviaire local notamment en montrant l’importance du fret ferroviaire en terme de sécurité et d’environnement en liaison avec l’extension du futur port de Port La Nouvelle ou des zones industrielles, artisanales et commerciales de l’Agglomération. Les enseignants et les parents se sont maintes fois mobilisés ces dernières années pour  s’opposer aux fermetures de classe.
Tous ont besoin d’une municipalité qui s’engage clairement et offensivement avec eux, faisant passer en premier la défense de l’intérêt des populations avant tout calcul partisan de promotion d’une politique gouvernementale, guidée par la seule réduction des dépenses publiques et sociales…
Narbonne ne peut rester indifférente à l’état du monde et son évolution. A travers diverses initiatives, Narbonne s’impliquera dans une solidarité active avec les peuples qui luttent, notamment ceux du pourtour de la Méditerranée. Elle oeuvrera, en réseau avec d’autres collectivités locales, pour une société plus juste, plus humaine, plus écologique ( refus de l’extraction du gaz de schiste…promotion d’une culture de la paix accompagnant l’adhésion de la Ville à la Fédération internationale des villes de paix…)

9) Narbonne a besoin d’élus qui soient à l’écoute des besoins, dans une réactivité aux sollicitations, dans une concertation véritable…En finir avec un type d’élu qui dit toujours oui mais sans suite, sans décision, sans effet (exemples locataires HLM, marché bio…)

10) Le « vivre ensemble  » que nous voulons construire reposera sur des valeurs progressistes et le respect des différences, perçues comme une richesse pour notre collectivité…Nous refuserons toute mise à l’écart, toute stigmatisation d’une catégorie de la population ou d’un quartier…Nous voulons construire du lien social en soutenant le tissu associatif, en créant des lieux de rencontres, en encourageant les initiatives de convivialité, en impulsant la concertation, en portant une attention particulière et permanente à la question du handicap…: personne ne doit rester à la marge du vivre ensemble. Une politique culturelle ambitieuse pour tous jouera un rôle essentiel dans notre conception du « vivre ensemble ».

La députée de Narbonne choisit de voter pour la casse des droits sociaux et du Code du travail

FLEXIBILITE : ELLE A VOTE !

Disciplinée, elle a voté …

Sans état d’âme, la députée socialiste de Narbonne a approuvé le projet de loi de flexibilisation de l‘emploi, version gouvernementale de l’ANI  (Accord National Interprofessionnel) du 11 janvier 2013 voulu et rédigé par le Medef.

Sans créer les conditions d’une préalable confrontation d’arguments dans sa circonscription, elle s’est positionnée favorablement sur un texte qui met à mal le code du travail, affaiblit les droits des salariés, facilite les procédures de licenciement…

Contrairement à certains parlementaires de son groupe ( 6 ont voté contre, 35 se sont abstenus dont le député de Carcassonne), elle s’est alignée sur l’injonction du ministre du Travail qui a exigé le vote en urgence d’une loi qui doit tout au Medef !

 

En quelques mois, que de décisions ! Que de mauvaises décisions !

Adoption du traité européen (nouvelle camisole pour l’action gouvernementale), vote de la « règle d’or » (étranglant les dépenses publiques et sociales), approbation du  « pacte de compétitivité » ( construit sur le dogme libéral de la baisse du coût du travail),… et maintenant soutien à une loi aggravant la flexibilisation du travail !

Elle devrait tendre l’oreille …mais du côté gauche.

Les critiques ne manquent pas. Elles se font même entendre à l’intérieur du gouvernement où des ministres commencent enfin à exprimer des doutes sur cette politique de régression sociale.

Il y a d’autres choix  politiques possibles :

- visant une réelle sécurisation de l’emploi et de la formation par la conquête de nouveaux droits et pouvoirs des salariés

- s’attaquant au coût du capital avec notamment une baisse des charges financières des entreprises par la mise en place d’un pôle financier public et de critères sélectifs de crédit

- préconisant une réforme radicale de la fiscalité qui pénaliserait les placements financiers

- promouvant des pôles publics en faveur d’un redressement des filières industrielles et du développement des services publics …

C’est sur ces choix alternatifs que nous continuerons à appeler au rassemblement. Pour une rupture avec les politiques d’austérité qui nous enfoncent dans la récession et le chômage.

Pour une perspective de sortie de crise !

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