Archive pour 16 juillet, 2014

L’EUROPE SOCIALE RESTE À QUAI par Jean-Paul Piérot

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    Il n’y a pas plus de raisons de regretter José Manuel Barroso qu’il n’y en a d’espérer dans l’élection, hier par les eurodéputés, de Jean-Claude Juncker à la tête de la Commission européenne.

     Un ancien chef du gouvernement luxembourgeois – de droite – succède à un ancien premier ministre portugais – de droite. L’ordo-libéralisme, cette conception antidémocratique de la gouvernance européenne au service du dogme de la concurrence libre et non faussée des marchandises, des services et aussi des travailleurs, va donc rester la norme. L’Europe sociale reste à quai. À Strasbourg et à Bruxelles, rien de nouveau !
   Cet immobilisme résulte, direz-vous, du résultat des élections européennes, qui furent plombées par une vague massive d’abstention et une montée de l’extrême droite dans toutes les nuances du brun. Mais l’Union européenne souffre aussi du verrouillage politique de la cogestion des deux courants dominants, la droite libérale et le social-libéralisme qu’incarne majoritairement le Parti socialiste européen. Le PSE et une partie des Verts européens ont donc mêlé leurs voix pour assurer au conservateur luxembourgeois une large majorité après que la droite eut permis la réélection du social-démocrate allemand Martin Schulz à la présidence du Parlement européen. Ces mêmes combinaisons politiciennes vont se poursuivre pour la désignation du successeur d’Herman van Rompuy à la présidence du Conseil…
    Derrière ce théâtre d’ombres, on s’active dans le plus grand secret, dans un entre-soi réunissant responsables politiques et lobbys financiers, dans la préparation de traités visant à faire de la planète un champ de bataille globalisé de la guerre économique, de la course aux profits. C’est le cas du traité transatlantique, qui figure sur l’agenda de la Commission européenne et de l’ACS (accord sur le commerce des services), qui mobilise des négociateurs obscurs à la mission australienne de Genève. Leur arme, c’est le secret, la force des citoyens européens, c’est le débat.

PALESTINE : La diplomatie française ne peut continuer cette politique du laisser-faire

Par Pierre Laurent, secrétaire national du PCF, président du PGE

UnknownComme beaucoup, je suis affligé par la manière dont la voix de la France a été portée par François Hollande au plus fort des bombardements israéliens sur Gaza, faisant à ce jour plus de 180 civils tués et 1089 blessés palestiniens. Les déclarations du chef de l’État ont d’abord été explicitement pro-israéliennes, puis marginalement « neutres » renvoyant à tort chacun dos à dos. Elles sont surtout totalement vides d’initiative politique pour contribuer à une solution pacifique.

 

  Cette stratégie meurtrière d’Israël visait à délégitimer l’Autorité palestinienne et affaiblir le nouveau gouvernement mis en place le 2 juin. Rien ne justifiait le déluge de violence de l’armée israélienne qui s’est abattue sur la population civile prise au piège par le blocus à Gaza, mais aussi sur les habitants de Cisjordanie et de Jérusalem-Est. Le gouvernement Netanyahou doit répondre de ses actes devant la communauté internationale laquelle doit impérativement ouvrir la voie à de vraies négociations.

  La diplomatie française ne peut continuer cette « politique du laisser faire ». Aujourd’hui, à l’initiative de l’Égypte, Israël se disait prêt au cessez-le-feu. Il faut saisir cette occasion. La solution est connue : deux peuples-deux Etats souverains, dans les frontières de 1967, Jérusalem-Est pour capitale de l’Etat palestinienne et le respect scrupuleux de toutes les résolutions de l’ONU.

 Seules des sanctions, comme la suspension des accords d’association entre l’Union européenne et Israël peuvent efficacement contraindre Benyamin Netanyahou à renoncer à la poursuite de la colonisation et engager son pays dans des accords de paix durables.

 La reconnaissance par la France de l’État palestinien et l’appui à l’initiative politique de l’autorité palestinienne dans son effort d’entente nationale mettraient à mal l’impunité dont jouit depuis trop longtemps le gouvernement israélien. C’est avec cet objectif que la diplomatie française doit agir. Car tant que cette impunité durera, tant que l’humiliation et la violence dont les Palestiniens sont la cible dureront, les partisans palestiniens et israéliens de la paix seront fragilisés.

 En France, les usages malsains, intolérants et racistes organisés par certains groupes extrémistes n’ont pas leur place dans le soutien au peuple palestinien. Ils ne peuvent pas non plus servir de prétexte pour étouffer la voix de la France solidaire et pacifiste.

 J’appelle les femmes et les hommes de France épris de paix et de justice à se rassembler partout en France aux initiatives du Collectif National pour une Paix Juste et Durable entre Israéliens et Palestiniens.

Affrontements Rue de la Roquette:un piège qui a permis de ne pas parler de Gaza

Par Michèle Sibony
Union Juive Française pour la Paix

LE PLUS. Dimanche à Paris, en marge d’une manifestation de soutien au peuple palestinien, des heurts ont éclaté entre militants pro-israéliens et pro-palestiniens. Que s’est-il vraiment passé ? Pour Michèle Sibony, membre de l’Union juive française pour la paix et de l’agence média Palestine, il n’a pas été rendu compte fidèlement de la réalité.
Édité par Hélène Decommer

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Commençons par ce qu’il faut dire, et ce qui devrait intéresser tout citoyen comptant sur ses médias pour être correctement informé : la « guerre » de Gaza comme elle est appelée n’est pas une guerre, c’est en réalité l’opération d’éradication du Hamas lancée par le gouvernement israélien à partir de l’enlèvement des trois colons qui a servi de prétexte, mais surtout annoncée dès la constitution d’un gouvernement d’union nationale soutenu par les États-Unis et l’Union européenne.

 Depuis une semaine l’opération militaire « bordure de protection » a déjà fait plus de 200 cents morts, des civils hommes femmes et enfants pour l’essentiel, piégés sur un territoire minuscule, avec la plus haute densité de population du monde. Des centaines de blessés, des écoles des mosquées, des hôpitaux attaqués, tout cela lors de frappes dites chirurgicales. « L’Humanité » a informé du risque d’utilisation par l’armée israélienne d’une arme particulièrement redoutable : le dîme.

 Une connivence médiatico-politique

 Tout cela au moment du sinistre anniversaire de sept ans de siège et d’un blocus illégal aux yeux de toute la communauté internationale privant toute cette population de l’essentiel.

 Au sens strict et précis de toutes les normes du droit international, il s’agit-là de crimes de guerre tels que définis par l’article 8 du statut  la CPI.

 Pardon de ce qui semblerait être une digression, mais qui dit cela en France ? Quel média rappelle ne serait-ce qu’une fois le contexte d’occupation et de colonisation qui enferme le peuple palestinien tout entier ? Qui rappelle que la résistance d’un peuple occupé est un droit ?

 Nous avons assisté depuis le début de cette offensive à une présentation totalement univoque, en adéquation parfaite avec la position de notre propre gouvernement, elle même calquée sur la version israélienne  des événements : Israël est attaqué par des roquettes et a le droit de se protéger par tous les moyens. Disons, pour rester pudiques, que les chiffres des victimes dans les deux camps parlent d’eux même du rapport de forces en jeu.

 Il nous faut, pour pouvoir être clairs, commencer par dénoncer cette connivence médiatico-politique avec Israël, l’ambassade d’Israël en France et les soi-disant représentants de la communauté juive, le CRIF.

 Les manifestants pro-palestiniens sont tombés dans un piège

 La manifestation à Paris du 13 juillet était la première grande manifestation nationale de soutien à la Palestine. Quelques jours avant la manifestation dont le parcours était connu, Barbès-Bastille, les sites de plusieurs groupes juifs d’extrême droite appelaient à un rassemblement de soutien à Israël devant la synagogue de la rue de la Roquette, qui devait servir de bastion et de clé de voûte à l’opération de par sa proximité de la fin du parcours ( on peut trouver ces appels sur le net)

 Le président du consistoire central, Joël Mergui, a affirmé lui à l’AFP que « plusieurs dizaines de manifestants » s’étaient « délibérément » rendus devant la synagogue de la Roquette, non loin de la Bastille, « pour agresser verbalement et physiquement des juifs » réunis dimanche après-midi « pour prier pour la situation en Israël et pour la paix » (sic).

 
Les provocateurs – tous les témoins et les vidéos le montrent – ont été protégés et aidés par la police, ils ont entraîné à coups d’insultes et de fumigènes un petit groupe de manifestants excédés vers la synagogue.

 
Attirés devant la synagogue, les jeunes manifestants sont tombés dans le piège qui a permis :

 1- De ne pas parler de Gaza, et de ce qui s’y joue

2- De ne pas parler de la solidarité française avec la Palestine,

3- De transformer la grave question des crimes commis en ce moment à Gaza, en une opération antisémite méritant sanction, et

4- La sanction est sortie du tiroir où elle était prête : volonté d’interdiction des manifestations de soutien à la Palestine.

 
Il y a d’autres questions à se poser

 Le manque de clarté de la plupart des médias français, tombés dans le même piège, sans doute parce qu’ils n’avaient même pas pris la peine de « couvrir » la manifestation, et qui ont décidé comme on le leur avait soufflé qu’en l’occurrence le seul événement c’était des « heurts antisémites », a largement contribué à la réussite de cette opération.

 
L’un d’eux s’est-il interrogé sur le sens d’un rassemblement destiné à soutenir Israël devant et dans une synagogue ? L’un d’eux a-t-il mentionné que la  grande synagogue de la Victoire recevait il y a un mois un général de l’armée israélienne, qu’elle présentait à ses ouailles pour parler du service militaire en Israël ?

 Il y a ceux qui parlent, repris par le ministre Valls, d’importation du conflit. En réalité, il nous semble qu’on peut se poser la question d’une stratégie concertée, entre le CRIF et l’ambassade d’Israël, qui se résume en quelques phrases simples, mais redoutables : sachant qu’il n’est à l’évidence pas possible de gagner la bataille de la popularité, il s’agit de faire à tout prix diversion et forcer le silence.

 L’antisémitisme est alors tragiquement utilisé quand il existe, comme dans le cas de l’affaire Merah à Toulouse, pour imposer le renforcement des liens avec Israël, et quand il n’existe pas il faut le fabriquer parce qu’il est la meilleure arme, la seule dont on dispose et qui marche à tous les coups pour faire taire sur les crimes en cours à Gaza.

 Qui trouble l’ordre public ? De quel ordre s’agit-il ? Ce sont là les questions que chacun devrait se poser.

d’après : http://leplus.nouvelobs.com/contribution/1224159-affrontements-rue-de-la-roquette……

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