Archive pour 14 juillet, 2014

POUR AIDER À UN DÉBAT SEREIN SUR UNE NOUVELLE DYNAMIQUE DU FRONT DE GAUCHE,QUELQUES ÉLÉMENTS D’ANALYSE À PROPOS DES EUROPÉENNES

ELECTIONS EUROPEENNES

Quelques éléments d’analyse
à propos des élections européennes

I – BREF RETOUR SUR LES EUROPÉENNES DE 2009

Les européennes de 2009 s’étaient déroulées huit mois après le déclenchement de la crise financière. Le temps était à la remise en cause du capitalisme et au retour de Keynes, voire de Marx. Elles avaient été marquées par une nouvelle progression de l’abstention et avaient vu la naissance du Front de gauche (FG), du NPA et d’EELV.

Avec le gain de deux députés1, le FG (6,17 % des exprimés en France métropolitaine) progressait de 0,81 %/exprimés par rapport au score du PCF en 2004. Il était talonné par le NPA (4,98 %). Le PS, déstabilisé par l’échec en 2007, avec 16,4 %, s’effondrait au profit d’EELV. Il perdait 12,5 % et 17 députés. EELV atteignait 16,28 %, soit une progression de près de 9 % sur 2004. Le Modem (8,43 %) perdait plus de 3,5 %. L’UMP (27,83 %) gagnait plus de 10 % et continuait à siphonner l’élec- torat FN. Après la présidentielle de 2007, le FN, avec 6,47 % et la perte de 3,3 % et de 4 députés, connaissait un second échec grave. Certains parlaient de « chant du cygne » du FN.

Avec la transformation par la magie médiatique de la crise du capitalisme financier en crise de la dette et de la dépense pu- blique, l’arrivée au pouvoir d’Hollande et la montée en puis- sance du FN, les européennes de 2014 se sont déroulées dans un tout autre contexte que celle de 2009.

II – L’ABSTENTION

Pour la première fois depuis 1994, l’abstention recule d’une eu- ropéenne à l’autre (-2,88 %). Cependant, avec 55,77 % des ins- crits, elle reste majoritaire. Ce recul de l’abstention affecte tous les départements sauf le Val-de-Marne et la Seine-Saint- Denis. Ces deux départements comptent parmi les plus faibles progressions du FN. Dans les zones de force et de progression du FN, la participation électorale augmente de manière consé- quente : Marne + 6,43 %/inscrits, Pyrénées-Orientales

+ 6,38 %, Orne + 6,05 %, Haute-Saône + 5,53%, Vosges
+ 5,45%, Alpes Maritimes + 5,36 %, Var + 5,36 %, Aube + 5,3 %, Haute-Marne + 5,13 %, Gard + 5 %. Les raisons du non-vote af- fiché par les abstentionnistes restent les mêmes que lors des autres scrutins : non intérêt pour l’élection, mécontentement vis-à-vis de la « classe politique » et de son système, mais aussi un profond rejet de l’Union européenne.
III – LE FRONT DE GAUCHE
Avec les élections européennes le FG vivait sa première élec- tion comparable. Sur la France métropolitaine, il passe de
6,17 % à 6,44 % (+ 0,27% et + 152262 voix), mais perd un dé- puté sur la circonscription Nord-Ouest. Sur les sept circons- criptions métropolitaines, il progresse dans cinq et perd dans deux.
Par rapport à 2009, le FG progresse en pourcentage par rapport aux exprimés dans 69 départements et en voix dans 83 d’entre eux. Le FG puise l’essentielle de son électorat chez les 18 à 59 ans et dans les professions intermédiaires. Il séduit 8 % des cadres supérieurs et ouvriers. Seuls 13 % des électeurs qui ont voté pour le FG, ont choisi de le faire pour sanctionner le gou- vernement.
Sur les exprimés, le FG a obtenu le vote de 56 % de ses sympa-

thisants, de 46 % des électeurs de Mélenchon en 2012, de 4 % des sympathisants du PS et 7 % des électeurs de Hollande, 1 % des sympathisants écologistes, 3 % de ceux du Modem et 2 % de ceux du FN. Par contre, 5 % des sympathisants du FG ont voté LO ou NPA, 4 % pour le PS, 16 % pour Nouvelle donne, 3 % pour EELV et 8 % pour le FN. Concernant les électeurs de Mélen- chon en 2012, 2% se sont portés sur LO ou le NPA, 11 % sur le PS, 13 % sur Nouvelle donne, 12 % sur EELV, et 3 % sur le FN2. Le FG est donc très légèrement au-dessus de son étiage de 2009, ce qui n’est pas rien dans le contexte actuel de déroute de la gauche. Mais les potentielles marges de progression sem- blent avoir été phagocytées par Nouvelle donne et l’abstention de nombre d’électeurs gagnés au moment de la présidentielle. Il ne profite pas des forts reculs du NPA, du PS et d’EELV. IV-LENPA

L’extrême gauche et singulièrement le NPA connaissent une vé- ritable déroute. Dans 67 départements où il était présent, le NPA recule partout, passant de 4,99 % à 0,4 % des exprimés (-767 580 voix). Reste à savoir où sont allées ces voix : dans l’abstention, au FG ? Mais il n’est pas à exclure que des voix du NPA se sont dirigées vers le FN, ce que semble indiquer les

27 % de sympathisants de Solidaires ayant voté FN (sondage IFOP-l’Humanité).
V – NOUVELLE DONNE
Cette nouvelle formation politique composite, se réclamant d’un fédéralisme européen keynésien et authentiquement de gauche, formée de socialistes et d’écologistes en rupture de ban, d’ex-compagnons de route du FG et de disciples d’Hessel, a réussi à rassembler 546 359 voix et 2,94 % des exprimés. Un obstacle objectif à ce que le FG rassemble au-delà de son socle européen de 6 % 3. Cette question renvoie aux déficits actuels de capacité du FG à s’élargir, à débattre avec d’autres et à ras- sembler grand angle.

VI- LE PS

Après les élections partielles, les municipales, coincé entre un désaveu de sa politique nationale et une campagne européenne schizophrène sur l’austérité, le PS connaît un nouveau naufrage électoral. Certes, en France métropolitaine, il ne recule que de 2,51 %, passant de 16,41 % à 13,90 % (-189 064 voix), mais ce résultat intervient après celui déjà catastrophique de 2009. Le PS recule dans 88 départements métropolitains, il ne progresse sur 2009 qu’à Paris (+ 4,47%, + 31 832 voix) et en Haute-Vienne (+ 3,04%).

VII – EELV

EELV subit un sévère recul qui doit être relativisé à l’aune de ces résultats exceptionnels de 2009. EELV est en régression sur tous les départements métropolitains (-7,34 % et -1 086 979 voix), passant de 16,28 % à 8,95 %. Elle est pourtant la forma- tion, juste après le FN, qui rassemble le plus ses sympathi-sants (71 %)4.
VIII – LE TANDEM MODEM/UDI
La comparaison entre les listes Modem-UDI de 2014 et les listes Modem de 2009 est brouillée par le fait que l’ancêtre de l’UDI, le Nouveau Centre, faisait liste commune avec l’UMP en

2009. Cependant, les listes Modem-UDI progressent par rapport aux listes Modem dans 56 départements, passant de 8,38 % à 9,93 % (+1,55 % et 428 606 voix). Le cœur de cet électorat se trouve chez les plus de 60 ans et les cadres supérieurs.

IX – L’UMP

L’UMP, contrairement aux municipales et aux élections par- tielles, ne profite pas de la déroute du PS en particulier et de la gauche gouvernementale en général. La fête est à la fois gâ- chée par la forte progression du FN et la résistance des listes Modem-UDI. C’est pourquoi, en dépit de la défaite de la gauche gouvernementale, l’UMP connaît elle aussi un revers en perdant en Métropole (-6,30 %), passant de 27 % à 20,7 %, soit 714 750 voix de moins. L’UMP est en recul dans 93 départements. Si elle a su mobiliser 74 % de ses sympathisants et 58 % des élec- teurs de Sarkozy, il n’en reste pas moins que 11 % de ses sym- pathisants et 15 % des électeurs de Sarkozy de 2012 ont cette fois voté FN.
X-LEFN
Avec 25,18 % des exprimés en France métropolitaine (+18,7 % et 3 579 953 voix), le FN est le vainqueur des élections. Il pro- gresse dans tous les départements. La plus faible des progres- sions est 6,61 % à Paris, la plus forte de 26,62 % dans l’Aisne. Le FN rassemble 30 % des votants chez les moins de 35 ans,
43 % des ouvriers, 38 % des employés et 37 % des chômeurs. Le FN mobilise plus de 90 % de ses sympathisants et des élec- teurs de Marine Le Pen en 2012. Les motivations de vote sont l’immigration, la volonté de sanctionner le gouvernement mais aussi les questions économiques et sociales. Dans ce résultat, les médias dominants en ouvrant en permanence leurs plateaux aux dirigeants du FN portent une responsabilité accablante.
Il ne faut ni banaliser ce résultat en le comparant à la prési- dentielle ou en le relativisant en regard du niveau d’absten- tion, ni paniquer s’imaginant que le FN est aux portes de l’Ély- sée, ni essayer de deviner si la motivation première des élec- teurs du FN est la phobie des étrangers, la détestation du gouvernement ou les questions sociales.
Il faut s’attaquer avant tout aux problèmes politiques graves que pose ce résultat, à savoir :
• L’amalgame dans le discours frontiste entre leur fonds de commerce d’origine raciste, des références historiques aux fi- gures progressistes de l’Histoire de France, et un discours éco- nomique et social parfois pompé intégralement sur le pro- gramme du FG. Cet amalgame est une machine de guerre pour disqualifier toute alternative progressiste au couple infernal social-libéral et libéral-social.
• La question d’une partie de la jeunesse populaire, pour qui le clivage gauche-droite n’a, au vu de leurs expériences sociales et politique, guère de sens et qui est travaillé par le multicul- turalisme à la sauce Dieudonné-Soral.
• L’amalgame entre l’insécurité lié à la délinquance et l’insécu- rité sociale.
• Les questions de nation, souveraineté, citoyenneté, démocra- tie ou, pour parler concrètement, comment je peux exercer ma souveraineté à l’échelle européenne ou mondiale ?
En conclusion, ces élections européennes reproduisent en l’exacerbant un rapport de force qui s’est installé dès les pre- mières élections partielles en décembre 2012. Elles sont l’ex- pression d’une situation politique bloquée et d’une grave crise de régime au niveau national comme européen.μ

Yann Le Pollotec secteur Élections du PCF

  1. MarieChristineVergiatdanslacirconscriptionSud-Estet Jean-Luc Mélenchon dans la circonscription Sud-Ouest. Notons que ce gain intervenait alors que la France, en ap- plication du Traité de Nice, perdait 6 sièges de député par rapport à 2004. En 2014, elle a regagné deux sièges qui fu- rent attribués à la seule circonscription Île-de-France en raison de l’ajout des Français expatriés à cette circonscrip- tion.
  2. SourceIPSOSsondagedeveilledescrutin.
  3. Avantl’émergencedeNouvelledonne,leFrontdegauche

    était donné dans les sondages à un niveau entre 9 % et

    10 %.

  4. Sondage IPSOS veilledescrutin.

Les électeurs de Mélenchon de 2012 sont aussi « abstentionnistes » que ceux de Hollande, les sympathisants actuels du FG ont été avec les partisans de l’UDI les plus mobilisés pour voter. Pour la mouvance de l’extrême droite, c’est le phénomène inverse, ce sont plus les électeurs de 2012 de Le Pen que les sympathisants du FN qui sont allés aux urnes.

 

Patrick Le Hyaric, député européen de la GUE : Et pendant ce temps les bombes tombent dans un silence assourdissant

timthumb.phpDepuis 3 jours, le gouvernement israélien a déclenché son opération « Haie de protection » sur la bande de Gaza qui vit sous blocus inhumain depuis 2006.
 
Chaque jour qui passe est encore plus meurtrier que le jour précédent. Le gouvernement israélien dit avoir bombardé 840 cibles dans le cadre de cette campagne, notamment des sites de tirs de roquettes et les logements de membres du Hamas ou du Djihad islamique que l’Etat hébreu considère comme des centres de commandement des activistes palestinien. Cette opération militaire de grande ampleur, se justifierait selon Netanyahou, pour répondre aux nombreux tirs de roquettes dirigés contre les principales villes d’Israël, notamment Tel-Aviv, Jérusalem ou encore Haïfa.  Heureusement, elles ont soit été arrêtées par le système de défense « Dôme de fer », soit se sont écrasées dans des endroits où elles n’ont fait aucune victime.
 
Par contre, le bilan à Gaza est déjà très lourd et vient contredire la version officielle des autorités israéliennes. Ce n’est pas le Hamas qui est visé par des frappes chirurgicales, c’est tout un peuple qui vit sous les bombes et donne du travail aux nombreux chirurgiens gazaouis qui opèrent dans des conditions très précaires.
 
Au moins  85 personnes ont été tuées dont 14 femmes et 25 enfants, plus de 764 blessés dont plusieurs dizaines se trouvent dans un état grave. 103 maisons, 12 mosquées, 20 bâtiments publics, 22 coopératives agricoles et 6 centres éducatifs sont totalement détruits. 10 écoles et 4 clubs sportifs se trouvent très endommagés.
 
Le gouvernement israélien envisage le pire. Sous pression des personnalités politiques les plus droitières et extrémistes de son gouvernement,  le Premier ministre Netanyahou peut intervenir militairement au sol dans Gaza. Le rappel de plus de 20.000 à 40.000 réservistes laisse craindre que cette solution soit bien envisagée. La dernière opération militaire au sol, c’était « Plomb durci »  pendant l’hiver 2008-2009 et les victimes se comptaient par milliers.
 
Alors non, rien ne peut justifier une telle représailles qui s’abat sur tout un peuple. Le silence étourdissant des principales chancelleries et l’indifférence totale de la « communauté internationale » jusqu’à tard hier soir étaient insupportables.
 
Le communiqué de presse de l’Elysée est impardonnable et en rupture avec les orientations traditionnelles de la France. Il n’y a ici aucune symétrie possible entre une puissance occupante et un pays occupé. Pourtant François Hollande « a exprimé la solidarité de la France face aux tirs de roquettes en provenance de Gaza. Il lui a rappelé (à Netanyahou) que la France condamne fermement ces agressions. Il appartient au gouvernement israélien de prendre toutes les mesures pour protéger sa population face aux menaces. ».
 
Personne ne pourra dire qu’il ne savait pas. Il faut absolument que le mouvement de solidarité internationale fasse pression sur les gouvernements pour qu’il oblige le gouvernement israélien à cesser cette attaque. Et qu’ensuite la communauté internationale et les Nations Unies contraignent le même gouvernement à respecter le droit international, qui seul peut établir une paix juste et durable au Proche-Orient.

HALTE AU MASSACRE À GAZA,JUSTICE EN PALESTINE SAMEDI 12 JUILLET À NARBONNE

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Samedi, le Collectif narbonnais pour une paix juste et durable entre Israéliens et Palestiniens s’est rassemblé Place de l’Hôtel de Ville pour dénoncer l’agression israélienne contre le peuple palestinien et exiger du gouvernement, et des élus narbonnais de prendre les mesures à la hauteur de la situation terrifiante à Gaza.

La motion suivante a été lue, et ensuite portée en délégation à la sous-préfecture, et ensuite, sous la forme d’une lettre ouverte, mise dans la boîte aux lettres de la permanence parlementaire des élus Madame Fabre, députée, et Monsieur Courteau sénateur.

 

«  Le bombardement intensif de Gaza depuis 3 jours, avec plus de 600 bombardements, a causé la mort de plus de 104 Palestiniens, blessé près de 690 autres et détruit plus de 130 habitations.

Une nouvelle fois le pouvoir israélien déclenche un déluge de feu sur Gaza, au prétexte de tirs de roquettes, mais avec pour objectif avoué de mettre fin au gouvernement palestinien d’entente nationale, condition pourtant nécessaire  à tout progrès vers une paix juste.

Devant cette situation dramatique, les gouvernements occidentaux se cantonnent une nouvelle fois à « dénoncer l’engrenage de la violence », sans désigner le responsable de cette nouvelle tragédie, et appelant seulement le gouvernement israélien à « la retenue ». François Hollande vient même d’exprimer sa solidarité à Netanyanu !

L’Union européenne disposerait d’un moyen simple : la suspension de l’accord d’association avec Israël qui accorde des avantages économiques à ce pays. Cet accord est conditionné par le respect des droits humains, ce qui n’est pas le cas avec la colonisation et l’existence du mur qui sont illégaux selon le droit international.

Nous dénonçons cette passivité coupable de nos gouvernants, et vous demandons d’agir pour obtenir des actions concrètes  de la France auprès du pouvoir israélien et du Conseil de sécurité :

-pour l’arrêt immédiat des bombardements sur Gaza

 

-pour l’arrêt de l’agression israélienne en Cisjordanie et à Jérusalem

 

-pour la levée du blocus, illégal et criminel, de Gaza

 

-pour des sanctions immédiates contre Israël jusqu’au respect du droit international

 

-pour le soutien au gouvernement d’entente nationale

 

Nous sommes prêts à vous rencontrer pour vous exprimer de vive voix nos demandes et nos attentes, ainsi que notre condamnation des prises de position du gouvernement que vous soutenez.

 

Signataires : Collectif narbonnais,  Mouvement de la Paix, Cimade,  Confédération Paysanne, FSU, Solidaires, Parti Communiste Français, Parti de Gauche, NPA, Attac, UJFP, MRAP, Femmes solidaires, Femmes du Sud Femmes du Nord ensemble pour l’égalité.

 

 

 

 

DEUX JOURS D’ÉCLAIRAGE : éditorial de Maurice Ulrich dans l’Humanité du 9 juillet

Unknown
C’est maintenant le Figaro qui semble dresser la feuille de route du gouvernement en la calquant sur celle d’un Medef qui en exige désormais toujours plus.
Manuel Valls peut toujours faire mine  de se prévaloir de l’adoption à l’Assemblée du budget rectificatif de la Sécurité sociale, malgré l’abstention de plus de trente députés socialistes et de la moitié des écologistes, mais où est sa victoire ?

Dans le fait d’avoir réussi à faire passer un texte réduisant les prestations sociales pour profiter au patronat ? D’organiser un transfert de la richesse publique vers le capital privé, en gelant les retraites et en s’en prenant à ce formidable acquis de civilisation que reste la Sécurité sociale au service de la santé de tous ? Le premier ministre s’est senti obligé de jurer dur comme fer aux députés socialistes qu’il menait « une politique de gauche », tout en les appelant à ne pas « accorder de portée excessive » au départ de la FSU, de la CGT et de FO de la conférence sociale, évoquant à propos de la pénibilité « un prétexte d’organisations syndicales ».

On avait l’impression de lire le Figaro du matin, dont l’éditorialiste écrivait que « la CGT et FO se placent définitivement dans le camp des forces antédiluviennes » et que « Manuel Valls et François Hollande devraient se dire bon débarras (…), peu importe à l’avenir l’avis de MM. Lepaon et Mailly ».

C’est maintenant le Figaro qui semble dresser la feuille de route du gouvernement en la calquant sur celle d’un Medef qui en exige désormais toujours plus. L’UMP est dans la panade, sans doute, mais elle ne saurait faire mieux que cette politique et une question majeure est désormais posée aux Français. Que faire avec une droite qui donne le spectacle que l’on sait et un gouvernement qui renie son histoire, ses bases sociales, sa vocation et ceux qui l’ont élu ? On a vu ce qui se passait aux élections municipales et à qui cette situation profitait, mais ce n’est pas une fatalité. Ce qui vient de se passer en deux jours avec la conférence sociale et le vote à l’Assemblée éclaire crûment l’urgence et
la nécessité d’une reconstruction à gauche.

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FERROVIAIRE : A réseau « délabré », réforme inadaptée

ZtDHcUoIEdg-3dBoQw8eQRzlHYo@535x354La réforme ferroviaire, en lecture au Sénat, ne désendette pas le rail alors que les besoins d’investissements sur le réseau sont colossaux. Rendues publiques lundi, les conclusions des expertises commandées par la justice au lendemain du déraillement meurtrier de Brétigny-sur-Orge, l’an dernier, font état du « délabrement jamais vu ailleurs » de l’aiguillage, à l’origine de l’accident.

Dans le même temps, la réforme ferroviaire, portée par le gouvernement, entame aujourd’hui et jusqu’à vendredi la deuxième phase de son parcours parlementaire, au Sénat. Ces deux actualités ferroviaires ne sont pas sans dénominateur commun. Car, si personne ne peut plus aujourd’hui ignorer la nécessité d’investir dans la réhabilitation du réseau, la réforme gouvernementale, en laissant de côté la question de la dette de plus de 40 milliards d’euros qui plombe le rail français, ne permet pas ces investissements.

« Certes, les rapports d’expertise pointent le délabrement des appareils de voie concernés. Mais ce n’est pas nouveau. En 2005 déjà, puis en 2012, les audits réalisés par l’École polytechnique de Lausanne alertaient sur le vieillissement inquiétant de l’ensemble du réseau français et particulièrement des lignes très fréquentées comme celles de Brétigny », note Sébastien Gasc, en charge du pôle économique à la CGT cheminots. « L’audit de 2012 évaluait d’ailleurs le retard d’investissements en termes de renouvellement à 1,6 milliard d’euros pour la période 2006-2010 et estimait à 450 millions d’euros annuels l’enveloppe nécessaire pour stopper ce vieillissement », poursuit le syndicaliste.

Non seulement les choix stratégiques opérés par les directions de la SNCF et de RFF depuis des années ne sont pas allés dans ce sens, mais la réforme que le gouvernement a mise sur la table ne répond pas aux exigences d’investissements qui assureraient la sécurité maximale du réseau. La réforme ferroviaire préconise tout juste de stabiliser le montant de la dette alors que les besoins en travaux sont immenses. « La dégradation va très vite. En 2000, 5 % des voies très fréquentées étaient hors d’âge. En 2010, ce taux est monté à 20 % », explique Sébastien Gasc.

Les cheminots dénoncent la politique du « tout-business » de la SNCF

Par ailleurs, « le texte voté par une majorité de députés va exacerber le manque de cohésion entre tous les services de la SNCF, ce qui va accentuer les dysfonctionnements qui pourraient impacter la sécurité des circulations », souligne la CGT cheminots. Les syndicats qui se battent pour une autre réforme du ferroviaire demandent la réunification au sein d’une entreprise publique, unique et intégrée du gestionnaire d’infrastructure et de l’exploitant ferroviaire, séparés depuis 1997, et la création de Réseau Ferré de France (RFF). Or, loin de réunifier le système, la proposition gouvernementale qui arrive aujourd’hui au Sénat, en créant un système à trois établissements publics (Epic), confirme et accentue cette séparation.

Depuis de nombreuses années et particulièrement ces derniers mois, marqués en juin par une grève de grande ampleur, les cheminots dénoncent les dangers de la politique du « tout-business » de la direction de la SNCF, qui se traduit par des suppressions de postes (2 453 prévues pour 2014), la baisse des qualifications, la mise en sous-traitance des chantiers de maintenance… La brigade voies de Brétigny-sur-Orge, chargée d’intervenir sur le secteur est ainsi passée de 19 cheminots en 2005 à seulement 
aujourd’hui.

Marion d’Allard

RÉFORME TERRITORIALE : LE SÉNAT SE PRONONCE POUR UN RÉFÉRENDUM

Hier après-midi, les groupes CRC, RDSE et UMP ont adopté la motion qui réclame une consultation populaire.
Après que le Conseil constitutionnel a validé le projet de loi de réforme territoriale, le débat a repris, hier après-midi, au Sénat sur la « motion référendaire » déposée par les groupes communiste, RDSE (radicaux) et UMP. Après plusieurs heures de débats, au cours desquels le socialiste Philippe Kaltenbach a appelé à « repousser cette motion, car nous ne sommes pas sur une question essentielle », une majorité de sénateurs s’est prononcé pour. Le texte transmis à l’Assemblée nationale devait y venir en séance en début de nuit.

Des collectivités sous tutelle

« Ce moment est solennel », a insisté Éliane Assassi, la présidente du groupe communiste (CRC), rappelant que « 58 % des Français sont favorables au référendum ». « Le seul objectif réel de cette réforme, poursuit-elle, c’est la création de grandes régions européennes au service du marché. Face à ce rouleau compresseur libéral, la démocratie et l’intérêt général sont peu de chose. » Pour la sénatrice de Seine-Saint-Denis, ce projet va de pair avec les textes à venir à l’automne, soit notamment « avec la suppression de la clause de compétence générale, qui aboutirait à mettre des collectivités sous tutelle ».

Un peu plus tôt dans la matinée, le premier ministre, Manuel Valls, avait affirmé que « cette réforme va se faire malgré tous les conservatismes », et pour lui, le texte restera « inscrit à l’ordre du jour du Sénat, au mois de juillet, et s’il le faut au mois d’août ». Mais il en fallait plus sans doute pour intimider les sénateurs qui, depuis la tribune de la Chambre haute, se sont exprimés. Comme le Varois Pierre-Yves Collombat (RDSE) qui déplore « que l’on se préoccupe du contenant (les nouveaux territoires – NDLR) avant de s’interroger sur le contenu (les attributions et compétences – NDLR) ». Pour Christian Bourquin (RDSE), il s’agirait d’un « référendum d’intérêt national » car « la souveraineté appartient au peuple ». Ce qui ne plaît pas au socialiste Michel Delebarre, rapporteur de la « commission spéciale » sur la réforme : « Un référendum, ce serait soumettre un texte bloqué aux électeurs », argue-t-il. Côté UMP, Bruneau Retailleau annonce le soutien de son groupe à la motion au motif que le gouvernement « propose un bouleversement improvisé de l’organisation du territoire, une réforme arbitraire conçue dans la panique d’après les élections municipales ». Ce qu’a contesté avec vigueur, avant le scrutin, le ministre de l’Intérieur, Bernard Cazeneuve, qui s’en prend « aux procédures d’enlisement car la volonté du gouvernement est que cette réforme se fasse, avec un bon texte, aux yeux des gens, de l’Europe… ». Bref, tout un programme.

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NON AUX RÊVES DU MEDEF

Michel Sapin : le VRP des actionnaires !

Sapin n’est pas un ministre de la République, c’est le VRP du patronat. Sa dernière déclaration « Notre amie c’est la finance, la bonne finance » en est l’illustration. Passons sur l’aspect que cette déclaration enterre le discours de Hollande contre le monde de la finance au Bourget.
Prenons l’actualité, c’est quoi la bonne finance ? Celle qui pousse les Marins de la SNCM à se battre pour sauver l’emploi après qu’un fonds de pension se soit gavé de dizaines de millions d’euros lors d’une privatisation scandaleuse ? Bouygues qui va s’engraisser une nouvelle fois sur le dos de l’Etat et donc du contribuable avec le dossier Alsthom ? Le CAC 40 qui bat des records quand le chômage bat lui aussi des records ? Ce sont les 159 milliards de trésorerie de 36 entreprises du CAC 40 ? Ce sont les 298,6 milliards d’euros d’intérêts et de dividendes payés par les sociétés non financières, illustration de la réalité du coût du capital ?

La « bonne » finance de M. Sapin, c’est celle que nous subissons et dont les profits saignent les salariés et leurs familles.
C’est celle de Warren Buffett quand il dit « Il y a une lutte des classes, évidemment, mais c’est ma classe, la classe des riches qui mène la lutte. Et nous sommes en train de gagner ».

Conférence sociale: le gouvernement a tué dans l’œuf toute tentative

Avant même ses conclusions, la troisième conférence sociale est d’ores et déjà un échec terrible pour François Hollande et Manuel Valls.

Ils en portent la pleine responsabilité car on ne peut impunément avoir autant de mépris et de brutalité pour les syndicats d’un côté, et, de l’autre, autant d’attention et de douceur pour le patronat. Le gouvernement a tué dans l’oeuf toute tentative de démocratie sociale en alignant les discussions sur les exigences du Medef. Ces conférences sociales, censées être le socle d’un « compromis historique » entre le monde du travail et le patronat, n’ont été que la justification médiatique d’une succession de régressions sociales pour les salariés, de l’ANI aux seuils sociaux, en passant par les retraites.
Aujourd’hui, tout est à reprendre, la méthode comme le fond.L’agenda du Medef ne peut être celui d’un gouvernement de gauche. C’est autour des questions de démocratie, de la cité à l’entreprise, et de droits des salariés, que le dialogue social doit être maintenant repensé. La gauche doit rapidement se reconstruire autour d’un projet de progrès social, dont l’intérêt général serait le garant et le moteur.

Vite la fronde de gauche !

Tous ces renoncements encouragent la droite, l’extrême droite et la diffusion de leurs idées. Se rassembler pour une alternative à gauche, et de gauche, est d’une urgence vitale. De plus en plus nombreux, même au sein du parti socialiste et chez les écologistes, l’idée s’affirme que la politique de Valls et Hollande nous enferment dans une dépression économique, sociale et démocratique. Valls dit la gauche peut mourir et c’est sa politique qui la tue en tournant le dos aux promesses et à ce que la gauche veut dire.

Avec tous ceux et celles qui cherchent, à gauche, une autre voie que l’austérité, il y aura naturellement des débats sur les solutions. Mais ce qui est nouveau, c’est que la discussion existe, dans les luttes, avec les salariés et les syndicalistes, avec tous ceux et toutes celles, responsables associatifs, écologistes, socialistes, Front de gauche, abstentionnistes… pour chercher ensemble une issue.

Il faut ouvrir en grand ce dialogue en lien avec les luttes, , avec toutes les forces vives de la société, avec tous ceux et celles qui expriment les urgences populaires.

HOMMAGE À MARWAN BARGHOUTI ET SOUTIEN AU PEUPLE PALESTINIEN

LORS DE L’HOMMAGE RENDU À NELSON MANDELA, À  LA FÊTE DU PCF À COURSAN, LE COLLECTIF NARBONNAIS PALESTINE A TENU À RAPPELER LE SOUTIEN QUE LES COMBATTANTS CONTRE L’APARTHEID EN AFRIQUE DU SUD ONT TOUJOURS APPORTÉ À LA CAUSE PALESTINIENNE, NELSON MANDELA EN TÊTE, LUI QUI AVAIT DÉCLARÉ  » NOUS NE SAVONS QUE TROP BIEN QUE NOTRE LIBERTÉ DEMEURERA INCOMPLÈTE SANS LA LIBERTÉ DES PALESTINIENS »…

Voici la déclaration d’une représentante du Collectif narbonnais pour une paix juste et durable entre Israéliens et Palestiniens :

 » Nous réitérons notre soutien à la cause palestinienne et une fois de plus l’écho de l’appel clair et urgent pour la libération de Marwan Barghouthi et tous les prisonniers politiques palestiniens … »

Ainsi s’est exprimé Ahmed Kathrada leader du mouvement anti-apartheid en Afrique du sud, 84 ans, depuis la cellule de Robben Island où il a été détenu pendant des décennies avec Nelson Mandela, Sisulu et tous les combattants anti-apartheid.

C’est de là  qu’il a participé, avec l’épouse de Marwan Barghouti, au lancement de la campagne pour la libération de Marwan Barghouti et de tous les prisonniers politiques palestiniens actuellement détenus dans les geôles israéliennes.

Il est le mieux placé pour montrer combien leur combat pour la liberté est le même que celui qu’il a mené aux côtés de Nelson Mandela : dans les 2 cas, des défenseurs de la liberté et de la justice, qui se battent contre un Etat d’occupation, oppresseur, raciste et injuste, dans les 2 cas, des combattants pour la liberté accusés par un Etat raciste et oppresseur qui leur reproche d’être une « menace pour la sécurité ».

C’est au nom de son propre combat en Afrique du Sud qu’il rend hommage à celui de Marwan Barghouti, et aux 5OOO prisonniers politiques palestiniens à ses côtés, -depuis 1967, il y en a toujours eu dans les prisons israéliennes, 800 000 palestiniens y sont passés- certains y sont depuis plus de 30 ans –record mondial de détention de prisonniers politiques-, jeunes et vieux, femmes et enfants, simples citoyens ou élus du peuple, beaucoup mourant de mauvais traitements, ou de manque de soins médicaux, nombre d’entre eux n’ayant été ni inculpés, ni condamnés, et croupissant en prison pour un temps indéterminé ( la fameuse détention administrative !)

Il est le mieux placé pour saluer la détermination de ces détenus, dont près de 500 sont actuellement en grève de la faim, grève très dure, mettant leur processus de vie en péril : moyen qu’ils utilisent pour dénoncer la situation faite au peuple palestinien par l’état d’Israël.

MARWAN BARGHOUTI défenseur de la paix et symbole de la liberté pour la Palestine

Marwan Barghouti condamné à 5 peines de prison à perpétuité, est un ardent défenseur de la paix. Pour avoir été un leader du Fatah, il a échappé à un assassinat, mais a été capturé ensuite à Ramallah par l’armée israélienne d’occupation et jugé par un tribunal d’occupation.

En prison, il n’a pas cessé d’agir pour la paix : il est le principal maître d’œuvre du document des prisonniers adopté par les leaders palestiniens emprisonnés, qui définit une voie pacifique pour l’unité, la liberté, la paix. En ce sens, il est une personne essentielle  dans la réconciliation Hamas-Fatah, et est devenu pour son peuple le symbole de la liberté pour la Palestine.

Au début de l’année 2014, il a adressé un message à tous ceux qui le soutiennent, les assurant à nouveau de sa détermination et de celle de son peuple, et appelant à nouveau à un mouvement de solidarité international en faveur des palestiniens.

Ce message est clair : Il n’y a rien à attendre de négociations de paix, si elles ne s’appuient pas sur un engagement clair de la puissance occupante à mettre fin à son occupation et à se conformer aux résolutions internationales .

Israël choisit le chemin de la colonisation et de l’oppression (on sait que des permis viennent être autorisés pour la construction de milliers de logements dans des colonies)

Or, occupation et paix sont incompatibles : il en appelle donc à la solidarité internationale, témoignée déjà par de nombreux peuples ( dont le peuple français à qui il rend hommage).

Cet appel à solidarité comporte 3 points :

-d’abord mettre au centre des préoccupations internationales la question palestinienne, en faire le symbole de la lutte contre l’occupation et l’oppression, contre l’injustice et la négation des droits, contre les murs contre l’apartheid à travers le monde

-ensuite dépasser les différends politiques et les séparations géographiques dans une solidarité avec les populations opprimées en Palestine, à Gaza, camp à ciel ouvert ,plus d’1 million de personnes condamnées à y rester et à y vivre de façon inhumaine – un pêcheur tué à nouveau au large par l’armée israélienne-la colonisation qui se poursuit partout en Cisjordanie, à Jérusalem, les déplacements imposés aux populations du Naqab, le siège de la faim et de la mort dans les camps de réfugiés en Syrie

-enfin, accentuer la pression internationale sur Israël : par le boycott,et l’isolement de l’occupant israélien en s’inspirant de l’expérience de l’ Afrique du sud, par l’intervention auprès des instances et juridictions internationales, pour qu’elles prennent leurs responsabilités et enfin condamnent Israël et l’obligent par des sanctions à se conformer au droit international : l’Europe notamment doit agir concrètement et ne pas se contenter de condamner en paroles.

Car des 3 scénarios possibles pour l’avenir :

1-un Etat pour tous les citoyens, sur toute la Palestine historique,

2- ou 2 Etats vivant côte à côte sur les frontières de 1967

3- ou la poursuite de ce conflit et l’apartheid,

Marwan Barghouti dit clairement :

« Notre peuple ne tolèrera pas l’apartheid, et le monde qui vient de rendre hommage au symbole de la liberté Nelson Mandela ne peut tolérer que ce régime terrible puisse renaître en Palestine après sa défaite en Afrique du Sud »

 

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