Archive pour juillet, 2014

NARBONNE : EN MÉMOIRE DES VICTIMES DE GAZA, en soutien au peuple palestinien, une manifestation digne et dynamique ce samedi 26 juillet

C’est près d’une centaine au début,  mais petit à petit,  plus près de 200  manifestants selon certains, qui se sont rassemblés sur la Place de l’Hôtel de Ville avant de défiler jusqu’à la Sous-préfecture, porteurs d’une gerbe en mémoire des enfants de Gaza assassinés.

Prises de parole, lectures de poèmes : de Ziad Medoukh, palestinien de Gaza, d’Olivia Elias, poétesse d’origine palestinienne , mais aussi lecture de déclarations et de prises de position – Appel du  Collectif narbonnais pour une paix juste et durable entre Israéliens et Palestiniens, lettre de la LDH au Président Hollande- entrecoupées d’une marche silencieuse, en mémoire à toutes les victimes massacrées à Gaza, et en Cisjordanie Dernière lettre de Ziad Medoukh, qui nous écrit tous les jours pour nous relater la poursuite des violences, et leur répétition. ( Lettre ci-dessous)

Beaucoup d’indignation et l’expression de vives critiques de l’immobilisme de l’Europe, et des prises de position successives, et aggravées de l’Etat français, qui prend fait et cause pour  le gouvernement actuel d’Israël, soutenant ainsi la poursuite de la guerre, au détriment du droit international, de la justice et de la paix, vers un véritable génocide.

Beaucoup de gravité, mais de l’espoir aussi, le  lâcher de ballons, avant de quitter la Place de la Mairie,  symbolisant cette  liberté tant désirée du peuple palestinien.

C’est à la grille de la Sous-préfecture qu’a finalement été accrochée la gerbe en mémoire des enfants-victimes de Gaza.

Pour le Collectif Palestine de Narbonne

Jacqueline Rougier

 

 

 

 

 

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Dernière Lettre reçue de notre ami Ziad Medoukh

En direct de Gaza     Samedi 26 juillet 2014

Il est 19 h à Gaza

1000 morts à Gaza, et ça continue !

Ziad Medoukh

Dix-neuvième  jour de l’offensive militaire israélienne sur la bande de Gaza

L’armée israélienne a tué 20 Palestiniens partout dans la bande de Gaza ce matin avant le début de la trêve  humanitaire

L’armée israélienne viole cette trêve et continue à bombarder, notamment au nord de la bande de Gaza

L’hôpital de Beit Hanoun au nord de la bande de Gaza a été bombardé.

Les secouristes ont sorti plus de 100 cadavres sous les décombres

C’est terrible !

Les Palestiniens de Gaza sont en train de constater l’ampleur de la destruction massive

C’est horrible !

-  Toujours deux heures d’électricité par jour  pour chaque foyer

Le bilan s’alourdit au dix-neuvième jour de l’offensive militaire israélienne contre la bande de Gaza et sa population civile :

-         1020  morts palestiniens jusqu’à cette heure-ci,  dont 200 enfants, 110 femmes et 83 personnes âgées suite à des bombardements israéliens en dix-neuf jours.

-5250  blessés lors de ces bombardements aveugles de l’armée de l’occupation israélienne, dont 690 femmes et 1100 enfants

-Plus de 4750 raids israéliens en dix neuf  jours  partout dans la bande de Gaza

Quelle horreur !

-1340 maisons ont été détruites suite à ces bombardements aveugles

-99 mosquées ont été détruites

C’est terrible !

Gaza sera toujours debout !

Gaza résiste, Gaza existe et Gaza persiste !

Palestine vivra, Palestine vaincra !

Amitiés de Gaza sous les bombes

Ziad

Massacres en Palestine : une interview de Pierre Stambul, parue sur le site Raïna

IMG_2213Après deux semaines d’intenses raids aériens sur Gaza suivis par une incursion terrestre, le décompte macabre n’en finit pas de distiller l’horreur. Plus de 500 morts dont la moitié sont des enfants de moins de douze ans. Il s’agit de l’agression la plus meurtrière depuis l’opération Plomb Durci en 2008-2009 qui avait fait plus de 1300 morts.
Pierre Stambul, co-président de l’Union Juive Française pour la Paix nous livre son analyse de la situation .

L’attaque israélienne sur Gaza vient de connaître un tournant dramatique avec le massacre de masse commis dans le quartier de Shayjaya que d’aucuns qualifient de crimes de guerre. Quel commentaire faites-vous par rapport à ces événements ?
Des voix hélas représentatives en Israël poussent au massacre de masse. Jacques Kupfer du Likoud international écrivait quelques jours avant ce massacre : « Si nous voulons mettre un terme à la guerre, nous devons raser Gaza. Gaza doit devenir un champ de ruines d’où ne peuvent sortir que des gémissements. » On est au-delà du crime de guerre. Déjà avant ce massacre les Gazaouis posaient la question : « pourquoi la communauté internationale qui a inculpé les dirigeants serbes ou rwandais ne poursuit-elle pas les dirigeants occidentaux qui ordonnent de tirer sur des enfants, qui font vivre les gens en cage et qui utilisent des armes interdites (uranium appauvri, bombes à fragmentation …) ?
On a vu des images choquantes à Sdérot où des Israéliens venaient admirer les raids sur Gaza. Comment une partie de la société israélienne peut-elle aujourd’hui se réjouir de la mort de centaines de civils dont des enfants ?
En 2008-2009, lors de « Plomb Durci », lors du massacre précédent, l’armée israélienne avait empêché l’entrée des journalistes à Gaza et ceux-ci avaient regardé depuis Sdérot le pilonnage comme on joue à un jeu vidéo. L’anticolonialiste israélien Michel Warschawski vient d’écrire un texte superbe intitulé « vers le fascisme » pour décrire l’évolution de sa société. L’insensibilité à la mort et à la souffrance de « l’autre », du palestinien touche la pseudo-gauche sioniste. Elie Barnavi vient d’évoquer cette guerre en ne parlant que des roquettes tirées depuis Gaza alors que plus de la moitié des mort-e-s sont des femmes, des enfants, des vieillards.
La résistance palestinienne à Gaza est saluée dans le monde entier. L’envoi de roquettes sur Israël est-ce une stratégie efficace étant donnée l’asymétrie des deux parties ?
La population de Gaza n’a pas le choix. Elle est en cage. Le blocus impitoyable dure depuis 7 ans. On manque à Gaza d’eau, de nourriture, d’électricité, de carburant, de ciment, de médicaments … Même quand ils ne ripostent pas, les Gazaouis enterrent leurs mort-e-s : 150 paysa-ne-s tué-e-s en quelques années parce que leurs champs jouxtent la frontière, 11 pêcheurs tués en mer alors qu’ils cherchent juste à ne pas mourir de faim, 650 victimes des exécutions extrajudiciaires. Le droit à la résistance existe dans le droit international. Le Hamas n’est pas toujours très populaire à Gaza, mais le fait de riposter avec des roquettes a l’appui d’une majorité de la population qui ne voit pas d’autre moyen pour en finir avec le blocus.
A Tel-Aviv et à Jérusalem des citoyens israéliens courageux descendent dans la rue pour dénoncer cette agression. Michel Warchawski, journaliste israélien militant pour la paix dit ressentir pour la première fois de la peur face à la « fascisation »de sa société. Qu’en  pensez-vous ?
Ces Israéliens anticolonialistes sont courageux et formidables. Ils me rappellent la petite poignée de Français qui, contre leur propre société, se sont battus pour l’indépendance de l’Algérie alors que la majorité de la population tolérait la torture et les ratonnades. Le sionisme n’est pas seulement une idéologie criminelle, c’est aussi une idéologie suicidaire pour les Juifs qui entretient la peur et l’insensibilité, qui fait croire aux Israéliens que ce sont eux les victimes. Un jour, cette idéologie s’écroulera. On n’en est hélas pas encore là. En tout cas, le fait qu’Israël ait un gouvernement de type OAS n’est pas un hasard. Le sionisme a gommé toutes les différences idéologiques en son sein et ce sont logiquement les plus extrémistes et les plus racistes qui sont à la tête du pays.

En France le mouvement de solidarité avec les Palestiniens a connu des épisodes violents. À Barbès, puis à Sarcelles ces incidents ont émaillé les manifestations. Quelle est la responsabilité du gouvernement français dans ces violences ? Pourquoi refuse-t-il d’interdire la LDJ ?
L’attitude de Hollande et de son gouvernement est plus qu’ honteuse. Le soutien appuyé aux crimes de guerre actuels se double aujourd’hui d’une tentative d’interdire les manifestations pour les droits du peuple palestinien. Ce gouvernement reprend entièrement la thèse sioniste selon laquelle critiquer Israël est un acte antisémite. La France est un des très rares pays où la LDJ (Ligue de défense juive), groupuscule raciste très violent, n’est pas interdite. C’est la LDJ qui a provoqué les manifestant-e-s à Paris. Le gouvernement français, par son attitude, mélange sciemment juif, sioniste et israélien. La seule façon d’empêcher une explosion d’antijudaïsme, c’est de faire comme l’UJFP. Manifester avec nos camarades de l’ATMF (Association des travailleurs maghrébins de France) derrière la même banderole : « Juifs et Arabes unis pour la justice en Palestine ». C’est répéter inlassablement que cette guerre est coloniale, qu’elle n’est ni raciale, ni communautaire, ni religieuse, que la seule issue, c’est l’égalité des droits et           le « vivre ensemble ».
Selon vous y a-t-il un lien entre le lobby sioniste pro-israélien et les discours islamophobes en augmentation ces dernières années ?
Oui bien sûr. Israël est l’élève modèle de ceux qui prônent le choc des civilisations, la guerre du « bien » contre le « mal », le mal étant bien sûr les Arabes, les Musulmans, les « bronzés ». Alors que le colonialisme n’est plus « politiquement correct », Israël donne l’exemple d’une « reconquête coloniale ». Pendant plus d’un siècle, l’antisémitisme a été le dénominateur commun de toutes les idéologies d’extrême droite. Aujourd’hui l’islamophobie remplace l’antisémitisme. Les dirigeants de l’extrême droite européenne sont pro israéliens et vont visiter la Knesset ou Yad Vashem. Et nos pseudos intellectuels n’ayant plus le droit de dire « sale arabe » s’en prennent spécifiquement aux Musulmans ou aux « gens d’apparence musulmane ».
Pourquoi les médias français, à quelques exceptions près, continuent de relayer la propagande israélienne ?
Vaste question. La plupart des grands médias ne sont plus indépendants. Leurs propriétaires ne sont pas représentatifs de l’opinion. Et puis, le cliché selon lequel en France « les Juifs sont pour Israël, les Arabes pour la Palestine et le conflit est importé en France » leur plaît. C’est du sensationnel et ça fait vendre. L’honnêteté et la complexité qui les obligeraient à aller à Gaza, à enquêter sur les ravages du blocus, à relayer les rapports quotidiens qui nous arrivent tous les jours de Gaza, ça ne fait pas vendre.
Que faut-il faire pour contraindre Israël à mettre fin à cette tuerie et à lever l’embargo sur Gaza ?
En 66 ans d’existence, Israël n’a été que deux fois (très légèrement) sanctionné : en 1956 sur l’évacuation (déjà) du Sinaï et en 1991 quand Shamir refusait d’ouvrir des négociations. Les deux fois, Israël a cédé. RIEN NE CHANGERA SANS DES SANCTIONS.
La communauté internationale pour l’instant est silencieuse ou complice. C’est à nous, les citoyens et l’opinion publique, de tout faire pour changer la situation. En 2005, 172 associations de la société civile lançaient un appel au BDS (boycott, désinvestissement, sanctions) contre Israël sur les revendications suivantes : fin de l’occupation, de la colonisation, destruction du mur, fin du blocus de Gaza (le plus urgent aujourd’hui), libération des prisonniers, égalité des droits, droit au retour des réfugiés. Ce boycott doit être total : politique, économique, commercial, universitaire, sportif, syndical, culturel …. Il remporte des succès de plus en plus notables. L’espoir est là : traiter l’Etat israélien comme on a traité l’Afrique du Sud à l’époque de l’apartheid.
Entretien réalisé par Keltoum Staali

APPEL DE SEPT PRIX NOBEL DE LA PAIX, D’INTELLECTUELS ET D’ARTISTES DU MONDE ENTIER

« Vendre des armes à Israël c’est être complice de l’attaque contre Gaza  »   Lundi, 21 Juillet, 2014

 

Sept Prix Nobel de la paix, des intellectuels et des artistes du monde entier appellent à un embargo militaire envers Israël.
« Israël a, une fois de plus, lâché l’entière puissance de son armée contre la population palestinienne prisonnière, particulièrement dans la Bande de Gaza assiégée, dans un acte inhumain et illégal d’agression militaire. La capacité israélienne à lancer impunément des attaques aussi dévastatrices troiuve son origine dans l’existence d’une vaste coopération militaire internationale et de commerce d’armement qu’Israël entretient avec des gouvernements complices à travers le monde. De 2008 à 2019, les États-Unis ont prévu de fournir à Israël une aide militaire d’une valeur de 30 milliards de dollars, tandis que les exportations annuelles d’armements israéliens s’élèvent à des milliards de dollars.

Au cours des années récentes, les pays européens ont exporté des milliards d’euro d’armes en Israël, et l’UE a mis à la disposition d’entreprises militaires israéliennes des bourses de recherche valant des centaines de millions. Des pays émergents comme l’Inde, le Brésil et le Chili accroissent rapidement leurs commerce et coopération militaires avec Israël, en dépit de leurs affirmations de soutien aux droits palestiniens. En important et exportant des armes d’Israël et en facilitant le développement de la technologie militaire israélienne, les gouvernements envoient de fait un message clair d’approbation de l’agression militaire israélienne, y compris de ses crimes de guerre et de ses possibles crimes contre l’humanité.

La technologie militaire israélienne est commercialisée avec le label « testé sur le terrain » et elle est exportée mondialement. Le commerce des armes et les liens de recherches militaires conjointes avec Israël sont un encouragement à l’impunité dans la commission de violations graves de la législation internationale et facilitent l’enracinement du système israélien d’occupation, de colonisation et de négation systématique des droits palestiniens. Nous appelons les Nations unies et les gouvernements à travers le monde à prendre des mesures immédiates pour imposer un embargo militaire complet et légalement contraignant envers Israël semblable à celui qui a été imposé à L’Afrique du Sud durant l’apartheid. »

Signataires :
Adolfo Peres Esquivel (Prix Nobel de la Paix, Argentine),  Ahdaf Soueif (auteur, Egypte/Royaume Uni),  Aki Olavi Kaurismäki (réalisateur de cinéma, Finlande), Alice Walker (écrivaine, Etats-Unis), Archévêque Desmond Tutu (Prix Nobel de la Paix, Afrique du Sud), Betty Williams (Prix Nobel de la Paix, Irlande), Boots Riley (rappeur, poète, producteur d’art, États-Unis), Brian Eno (musicien, Royaume Uni),  Caryl Churchill (auteur dramatique, Royaume Uni), Chris Hedges (journaliste, prix Pullitzer 2002, États-Unis), Cynthia McKinney (femme politique, militante, États-Unis), David Palumbo-Liu (universitaire, États-Unis), Etienne Balibar (philosophe, France), Federico Mayor Zaragoza (ancien Directeur général d’UNESCO, Espagne), Felim Egan (peintre, Irlande), Frei Betto (théologien de la libération, Brésil), Gillian Slovo (écrivaine, Royaume Uni/Afrique du Sud),  Githa Hariharan (écrivaine, Inde), Giulio Marcon (parlementaire, Gauche, écologie et liberté, Italie), Hilary Rose (enseignante, Royaume Uni), Ilan Pappe (historien, Israël), Ismail Coovadia, (ancien ambassadeur d’Afrique du Sud en Israël), James Kelman (écrivain, Écosse), Janne Teller (écrivaine, Danemark), Jeremy Corbyn (membre du Parlement, Labour, Royaume Uni), Joanna Rajkowska (artiste, Pologne), Jody Williams (Prix Nobel de la Paix, États-Unis), John Berger (artiste, Royaume Uni), John Dugard (ancien juge à la Cour internationale de Justice, Afrique du Sud), John McDonnell (membre du Parlement, Labour, Royaume Uni), John Pilger (journaliste et cinéaste, Australie), Judith Butler (philosophe, Etats-Unis), Juliane House (universitaire, Allemagne), Karma Nabulsi (Université d’Oxford, Royaume Uni/Palestine), Ken Loach (cinéaste, Royaume Uni), Kool AD (Victor Vazquez, musicien, États-Unis), Liz Lochhead (poétesse nationale d’Écosse, Royaume Uni), Luisa Morgantini (ancienne vice-présidente du Parlement européen, Italie), Mairead Maguire (Prix Nobel de la Paix, Irlande), Michael Mansfield (avocat, Royaume Uni), Michael Ondaatje (auteur, Canada/Sri Lanka), Mike Leigh (écrivain et réalisateur, Royaume Uni), Naomi Wallace (auteure dramatique, scénariste, poétesse, États-Unis), Noam Chomsky (universitaire, essayiste, États-Unis),  Nurit Peled (universitaire, Israël), Prabhat Patnaik (économiste, Inde), Przemyslaw Wielgosz (rédacteur en chef, « Monde Diplomatique », édition polonaise, Pologne), Raja Shehadeh (écrivain et avocat, Palestine), Rashid Khalidi (universitaire, écrivain, Palestine/États-Unis), Richard Falk (ancien rapporteur spécial de l’ONU pour les Territoires palestinien occupés, Etats-Unis), Rigoberta Menchú (Prix Nobel de la Paix, Guatemala), Roger Waters (musicien, Royaume Uni),  Ronnie Kasrils (ancien ministre, Afrique du Sud), Rose Fenton (Centre du monde libre, Royaume Uni), Sabrina Mahfouz (écrivaine, Royaume Uni), Saleh Bakri (acteur, Palestine), Sir Geoffrey Bindman (avocat, Royaume Uni), Slavoj Zizek (essayiste, Slovénie), Steven Rose (universitaire, Royaume Uni), Tom Leonard (écrivain, Ecosse), Tunde Adebimpe (musicien, Etats-Unis), Victoria Brittain (journaliste, Royaume Uni), Willie van Peer, (universitaire, Allemagne), Zwelinzima Vavi (secrétaire général de la centrale syndicale COSATU, Afrique du Sud).

 

Appel initialement paru le 18 juillet 2014 dans le quotidien britannique The Guardian.

Traduction Michel Muller pour L’Humanité.

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Manifestation de samedi 19-07 à Carcassonne: près de 300 personnes

DSCN3549 IMG_0308 IMG_0284 IMG_0299 DSCN3512 DSCN3552 DSCN3522 IMG_0283 IMG_7616[3] DSCN3527Près de 300 personnes, des jeunes,et des moins jeunes, des enfants, des associations, des partis politiques, en soutien au peuple palestinien, aux palestiniens de Gaza bombardés, envahis, massacrés,  en hommage aux enfants assassinés, en appel à la résistance pour dénoncer notre gouvernement,complice, par son soutien à Netanyahu, du génocide qui est train d’être perpétré
  Les représentants des organisations ont exposé  les exigences de cette manifestation : cessez le feu sans conditions, arrêt de l’agression israélienne en Cisjordanie et à Jérusalem, levée du blocus de Gaza, qu’Israël soit enfin sanctionné pour les crimes qu’il commet ,qu’il soit contraint enfin de se plier au droit international, et à toutes les résolutions de l’ONU prises depuis plus de 60 ans à son encontre, et qu’il n’a jamais respectées.
Ils ont rappelé que le but réel des israéliens dans cette offensive est d’empêcher la création d’un état palestinien viable et de torpiller le gouvernement d’entente nationale qui vient enfin de se créer entre le Hamas et le Fatah.

Ils ont dénoncé les tentatives du Gouvernement et des médias à son service de discréditer les manifestations, en montant en épingle quelques incidents, en laissant les provocateurs intervenir librement, et en interdisant certaines manifestations.
Le défilé à travers la ville  s’est déroulé correctement malgré deux accrochages vite maîtrisés et s’est terminé par l’envoi de ballons porteurs de messages pour les enfants de Gaza et par une collecte de fonds et de fournitures médicales (pansement, bandes,…) pour les palestiniens.
Pour Narbonne : Les participants au rassemblement du samedi 12 juillet envisagent de poursuivre l’action commencée le samedi 12juillet, affaire à suivre.

MERCREDI 16 JUILLET 23H27 : MESSAGE DE GAZA: UN NOUVEAU MASSACRE ISRAÉLIEN

« Un nouveau massacre israélien à Gaza » nous écrit   Ziad Medoukh, universitaire palestinien à Gaza

L’armée de l’occupation israélienne a tué 6 enfants palestiniens ce mercredi 16 juillet 2014 alors qu’ils jouaient sur la plage de Gaza.

Ces enfants avaient  entre 9 et 12 ans

Ils jouaient le football sur les sables de la plage Gaza

Car l’armée israélienne a déjà détruit cinq stades à Gaza depuis le début de sa nouvelle offensive militaire.

C’est un nouveau massacre israélien contre les enfants de Gaza

Quelle honte !

L’armée la plus morale du monde est en train de massacrer les civils palestiniens

Silence, on tue les enfants à Gaza !

Silence, on assassine l’innocence à Gaza !

Silence, on brise les rêves des enfants de Gaza !

Personne ne bouge

En toute impunité, l’armée israélienne est en train de commettre des crimes contre les enfants de Gaza

C’est terrible !

C’est horrible !

Et ça continue !

Jusqu’à quand ?

Honte à ce monde qui se dit libre et qui se tait !

Honte à ces dirigeants qui soutiennent les crimes israéliens contre nos enfants !

Honte aux médias qui se définissent objectifs, mais qui occultent cette réalité !

Honte aux organisations de droits de l’homme qui n’arrivent même à dénoncer ces crimes israéliens contre nos civils !

Honte à l’humanité !

Vive la solidarité internationale avec la cause palestinienne

Malgré ces massacres, Gaza vit, Gaza résiste et Gaza persiste !

La Palestine vivra, la Palestine vaincra !

 

L’EUROPE SOCIALE RESTE À QUAI par Jean-Paul Piérot

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    Il n’y a pas plus de raisons de regretter José Manuel Barroso qu’il n’y en a d’espérer dans l’élection, hier par les eurodéputés, de Jean-Claude Juncker à la tête de la Commission européenne.

     Un ancien chef du gouvernement luxembourgeois – de droite – succède à un ancien premier ministre portugais – de droite. L’ordo-libéralisme, cette conception antidémocratique de la gouvernance européenne au service du dogme de la concurrence libre et non faussée des marchandises, des services et aussi des travailleurs, va donc rester la norme. L’Europe sociale reste à quai. À Strasbourg et à Bruxelles, rien de nouveau !
   Cet immobilisme résulte, direz-vous, du résultat des élections européennes, qui furent plombées par une vague massive d’abstention et une montée de l’extrême droite dans toutes les nuances du brun. Mais l’Union européenne souffre aussi du verrouillage politique de la cogestion des deux courants dominants, la droite libérale et le social-libéralisme qu’incarne majoritairement le Parti socialiste européen. Le PSE et une partie des Verts européens ont donc mêlé leurs voix pour assurer au conservateur luxembourgeois une large majorité après que la droite eut permis la réélection du social-démocrate allemand Martin Schulz à la présidence du Parlement européen. Ces mêmes combinaisons politiciennes vont se poursuivre pour la désignation du successeur d’Herman van Rompuy à la présidence du Conseil…
    Derrière ce théâtre d’ombres, on s’active dans le plus grand secret, dans un entre-soi réunissant responsables politiques et lobbys financiers, dans la préparation de traités visant à faire de la planète un champ de bataille globalisé de la guerre économique, de la course aux profits. C’est le cas du traité transatlantique, qui figure sur l’agenda de la Commission européenne et de l’ACS (accord sur le commerce des services), qui mobilise des négociateurs obscurs à la mission australienne de Genève. Leur arme, c’est le secret, la force des citoyens européens, c’est le débat.

PALESTINE : La diplomatie française ne peut continuer cette politique du laisser-faire

Par Pierre Laurent, secrétaire national du PCF, président du PGE

UnknownComme beaucoup, je suis affligé par la manière dont la voix de la France a été portée par François Hollande au plus fort des bombardements israéliens sur Gaza, faisant à ce jour plus de 180 civils tués et 1089 blessés palestiniens. Les déclarations du chef de l’État ont d’abord été explicitement pro-israéliennes, puis marginalement « neutres » renvoyant à tort chacun dos à dos. Elles sont surtout totalement vides d’initiative politique pour contribuer à une solution pacifique.

 

  Cette stratégie meurtrière d’Israël visait à délégitimer l’Autorité palestinienne et affaiblir le nouveau gouvernement mis en place le 2 juin. Rien ne justifiait le déluge de violence de l’armée israélienne qui s’est abattue sur la population civile prise au piège par le blocus à Gaza, mais aussi sur les habitants de Cisjordanie et de Jérusalem-Est. Le gouvernement Netanyahou doit répondre de ses actes devant la communauté internationale laquelle doit impérativement ouvrir la voie à de vraies négociations.

  La diplomatie française ne peut continuer cette « politique du laisser faire ». Aujourd’hui, à l’initiative de l’Égypte, Israël se disait prêt au cessez-le-feu. Il faut saisir cette occasion. La solution est connue : deux peuples-deux Etats souverains, dans les frontières de 1967, Jérusalem-Est pour capitale de l’Etat palestinienne et le respect scrupuleux de toutes les résolutions de l’ONU.

 Seules des sanctions, comme la suspension des accords d’association entre l’Union européenne et Israël peuvent efficacement contraindre Benyamin Netanyahou à renoncer à la poursuite de la colonisation et engager son pays dans des accords de paix durables.

 La reconnaissance par la France de l’État palestinien et l’appui à l’initiative politique de l’autorité palestinienne dans son effort d’entente nationale mettraient à mal l’impunité dont jouit depuis trop longtemps le gouvernement israélien. C’est avec cet objectif que la diplomatie française doit agir. Car tant que cette impunité durera, tant que l’humiliation et la violence dont les Palestiniens sont la cible dureront, les partisans palestiniens et israéliens de la paix seront fragilisés.

 En France, les usages malsains, intolérants et racistes organisés par certains groupes extrémistes n’ont pas leur place dans le soutien au peuple palestinien. Ils ne peuvent pas non plus servir de prétexte pour étouffer la voix de la France solidaire et pacifiste.

 J’appelle les femmes et les hommes de France épris de paix et de justice à se rassembler partout en France aux initiatives du Collectif National pour une Paix Juste et Durable entre Israéliens et Palestiniens.

Affrontements Rue de la Roquette:un piège qui a permis de ne pas parler de Gaza

Par Michèle Sibony
Union Juive Française pour la Paix

LE PLUS. Dimanche à Paris, en marge d’une manifestation de soutien au peuple palestinien, des heurts ont éclaté entre militants pro-israéliens et pro-palestiniens. Que s’est-il vraiment passé ? Pour Michèle Sibony, membre de l’Union juive française pour la paix et de l’agence média Palestine, il n’a pas été rendu compte fidèlement de la réalité.
Édité par Hélène Decommer

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Commençons par ce qu’il faut dire, et ce qui devrait intéresser tout citoyen comptant sur ses médias pour être correctement informé : la « guerre » de Gaza comme elle est appelée n’est pas une guerre, c’est en réalité l’opération d’éradication du Hamas lancée par le gouvernement israélien à partir de l’enlèvement des trois colons qui a servi de prétexte, mais surtout annoncée dès la constitution d’un gouvernement d’union nationale soutenu par les États-Unis et l’Union européenne.

 Depuis une semaine l’opération militaire « bordure de protection » a déjà fait plus de 200 cents morts, des civils hommes femmes et enfants pour l’essentiel, piégés sur un territoire minuscule, avec la plus haute densité de population du monde. Des centaines de blessés, des écoles des mosquées, des hôpitaux attaqués, tout cela lors de frappes dites chirurgicales. « L’Humanité » a informé du risque d’utilisation par l’armée israélienne d’une arme particulièrement redoutable : le dîme.

 Une connivence médiatico-politique

 Tout cela au moment du sinistre anniversaire de sept ans de siège et d’un blocus illégal aux yeux de toute la communauté internationale privant toute cette population de l’essentiel.

 Au sens strict et précis de toutes les normes du droit international, il s’agit-là de crimes de guerre tels que définis par l’article 8 du statut  la CPI.

 Pardon de ce qui semblerait être une digression, mais qui dit cela en France ? Quel média rappelle ne serait-ce qu’une fois le contexte d’occupation et de colonisation qui enferme le peuple palestinien tout entier ? Qui rappelle que la résistance d’un peuple occupé est un droit ?

 Nous avons assisté depuis le début de cette offensive à une présentation totalement univoque, en adéquation parfaite avec la position de notre propre gouvernement, elle même calquée sur la version israélienne  des événements : Israël est attaqué par des roquettes et a le droit de se protéger par tous les moyens. Disons, pour rester pudiques, que les chiffres des victimes dans les deux camps parlent d’eux même du rapport de forces en jeu.

 Il nous faut, pour pouvoir être clairs, commencer par dénoncer cette connivence médiatico-politique avec Israël, l’ambassade d’Israël en France et les soi-disant représentants de la communauté juive, le CRIF.

 Les manifestants pro-palestiniens sont tombés dans un piège

 La manifestation à Paris du 13 juillet était la première grande manifestation nationale de soutien à la Palestine. Quelques jours avant la manifestation dont le parcours était connu, Barbès-Bastille, les sites de plusieurs groupes juifs d’extrême droite appelaient à un rassemblement de soutien à Israël devant la synagogue de la rue de la Roquette, qui devait servir de bastion et de clé de voûte à l’opération de par sa proximité de la fin du parcours ( on peut trouver ces appels sur le net)

 Le président du consistoire central, Joël Mergui, a affirmé lui à l’AFP que « plusieurs dizaines de manifestants » s’étaient « délibérément » rendus devant la synagogue de la Roquette, non loin de la Bastille, « pour agresser verbalement et physiquement des juifs » réunis dimanche après-midi « pour prier pour la situation en Israël et pour la paix » (sic).

 
Les provocateurs – tous les témoins et les vidéos le montrent – ont été protégés et aidés par la police, ils ont entraîné à coups d’insultes et de fumigènes un petit groupe de manifestants excédés vers la synagogue.

 
Attirés devant la synagogue, les jeunes manifestants sont tombés dans le piège qui a permis :

 1- De ne pas parler de Gaza, et de ce qui s’y joue

2- De ne pas parler de la solidarité française avec la Palestine,

3- De transformer la grave question des crimes commis en ce moment à Gaza, en une opération antisémite méritant sanction, et

4- La sanction est sortie du tiroir où elle était prête : volonté d’interdiction des manifestations de soutien à la Palestine.

 
Il y a d’autres questions à se poser

 Le manque de clarté de la plupart des médias français, tombés dans le même piège, sans doute parce qu’ils n’avaient même pas pris la peine de « couvrir » la manifestation, et qui ont décidé comme on le leur avait soufflé qu’en l’occurrence le seul événement c’était des « heurts antisémites », a largement contribué à la réussite de cette opération.

 
L’un d’eux s’est-il interrogé sur le sens d’un rassemblement destiné à soutenir Israël devant et dans une synagogue ? L’un d’eux a-t-il mentionné que la  grande synagogue de la Victoire recevait il y a un mois un général de l’armée israélienne, qu’elle présentait à ses ouailles pour parler du service militaire en Israël ?

 Il y a ceux qui parlent, repris par le ministre Valls, d’importation du conflit. En réalité, il nous semble qu’on peut se poser la question d’une stratégie concertée, entre le CRIF et l’ambassade d’Israël, qui se résume en quelques phrases simples, mais redoutables : sachant qu’il n’est à l’évidence pas possible de gagner la bataille de la popularité, il s’agit de faire à tout prix diversion et forcer le silence.

 L’antisémitisme est alors tragiquement utilisé quand il existe, comme dans le cas de l’affaire Merah à Toulouse, pour imposer le renforcement des liens avec Israël, et quand il n’existe pas il faut le fabriquer parce qu’il est la meilleure arme, la seule dont on dispose et qui marche à tous les coups pour faire taire sur les crimes en cours à Gaza.

 Qui trouble l’ordre public ? De quel ordre s’agit-il ? Ce sont là les questions que chacun devrait se poser.

d’après : http://leplus.nouvelobs.com/contribution/1224159-affrontements-rue-de-la-roquette……

POUR AIDER À UN DÉBAT SEREIN SUR UNE NOUVELLE DYNAMIQUE DU FRONT DE GAUCHE,QUELQUES ÉLÉMENTS D’ANALYSE À PROPOS DES EUROPÉENNES

ELECTIONS EUROPEENNES

Quelques éléments d’analyse
à propos des élections européennes

I – BREF RETOUR SUR LES EUROPÉENNES DE 2009

Les européennes de 2009 s’étaient déroulées huit mois après le déclenchement de la crise financière. Le temps était à la remise en cause du capitalisme et au retour de Keynes, voire de Marx. Elles avaient été marquées par une nouvelle progression de l’abstention et avaient vu la naissance du Front de gauche (FG), du NPA et d’EELV.

Avec le gain de deux députés1, le FG (6,17 % des exprimés en France métropolitaine) progressait de 0,81 %/exprimés par rapport au score du PCF en 2004. Il était talonné par le NPA (4,98 %). Le PS, déstabilisé par l’échec en 2007, avec 16,4 %, s’effondrait au profit d’EELV. Il perdait 12,5 % et 17 députés. EELV atteignait 16,28 %, soit une progression de près de 9 % sur 2004. Le Modem (8,43 %) perdait plus de 3,5 %. L’UMP (27,83 %) gagnait plus de 10 % et continuait à siphonner l’élec- torat FN. Après la présidentielle de 2007, le FN, avec 6,47 % et la perte de 3,3 % et de 4 députés, connaissait un second échec grave. Certains parlaient de « chant du cygne » du FN.

Avec la transformation par la magie médiatique de la crise du capitalisme financier en crise de la dette et de la dépense pu- blique, l’arrivée au pouvoir d’Hollande et la montée en puis- sance du FN, les européennes de 2014 se sont déroulées dans un tout autre contexte que celle de 2009.

II – L’ABSTENTION

Pour la première fois depuis 1994, l’abstention recule d’une eu- ropéenne à l’autre (-2,88 %). Cependant, avec 55,77 % des ins- crits, elle reste majoritaire. Ce recul de l’abstention affecte tous les départements sauf le Val-de-Marne et la Seine-Saint- Denis. Ces deux départements comptent parmi les plus faibles progressions du FN. Dans les zones de force et de progression du FN, la participation électorale augmente de manière consé- quente : Marne + 6,43 %/inscrits, Pyrénées-Orientales

+ 6,38 %, Orne + 6,05 %, Haute-Saône + 5,53%, Vosges
+ 5,45%, Alpes Maritimes + 5,36 %, Var + 5,36 %, Aube + 5,3 %, Haute-Marne + 5,13 %, Gard + 5 %. Les raisons du non-vote af- fiché par les abstentionnistes restent les mêmes que lors des autres scrutins : non intérêt pour l’élection, mécontentement vis-à-vis de la « classe politique » et de son système, mais aussi un profond rejet de l’Union européenne.
III – LE FRONT DE GAUCHE
Avec les élections européennes le FG vivait sa première élec- tion comparable. Sur la France métropolitaine, il passe de
6,17 % à 6,44 % (+ 0,27% et + 152262 voix), mais perd un dé- puté sur la circonscription Nord-Ouest. Sur les sept circons- criptions métropolitaines, il progresse dans cinq et perd dans deux.
Par rapport à 2009, le FG progresse en pourcentage par rapport aux exprimés dans 69 départements et en voix dans 83 d’entre eux. Le FG puise l’essentielle de son électorat chez les 18 à 59 ans et dans les professions intermédiaires. Il séduit 8 % des cadres supérieurs et ouvriers. Seuls 13 % des électeurs qui ont voté pour le FG, ont choisi de le faire pour sanctionner le gou- vernement.
Sur les exprimés, le FG a obtenu le vote de 56 % de ses sympa-

thisants, de 46 % des électeurs de Mélenchon en 2012, de 4 % des sympathisants du PS et 7 % des électeurs de Hollande, 1 % des sympathisants écologistes, 3 % de ceux du Modem et 2 % de ceux du FN. Par contre, 5 % des sympathisants du FG ont voté LO ou NPA, 4 % pour le PS, 16 % pour Nouvelle donne, 3 % pour EELV et 8 % pour le FN. Concernant les électeurs de Mélen- chon en 2012, 2% se sont portés sur LO ou le NPA, 11 % sur le PS, 13 % sur Nouvelle donne, 12 % sur EELV, et 3 % sur le FN2. Le FG est donc très légèrement au-dessus de son étiage de 2009, ce qui n’est pas rien dans le contexte actuel de déroute de la gauche. Mais les potentielles marges de progression sem- blent avoir été phagocytées par Nouvelle donne et l’abstention de nombre d’électeurs gagnés au moment de la présidentielle. Il ne profite pas des forts reculs du NPA, du PS et d’EELV. IV-LENPA

L’extrême gauche et singulièrement le NPA connaissent une vé- ritable déroute. Dans 67 départements où il était présent, le NPA recule partout, passant de 4,99 % à 0,4 % des exprimés (-767 580 voix). Reste à savoir où sont allées ces voix : dans l’abstention, au FG ? Mais il n’est pas à exclure que des voix du NPA se sont dirigées vers le FN, ce que semble indiquer les

27 % de sympathisants de Solidaires ayant voté FN (sondage IFOP-l’Humanité).
V – NOUVELLE DONNE
Cette nouvelle formation politique composite, se réclamant d’un fédéralisme européen keynésien et authentiquement de gauche, formée de socialistes et d’écologistes en rupture de ban, d’ex-compagnons de route du FG et de disciples d’Hessel, a réussi à rassembler 546 359 voix et 2,94 % des exprimés. Un obstacle objectif à ce que le FG rassemble au-delà de son socle européen de 6 % 3. Cette question renvoie aux déficits actuels de capacité du FG à s’élargir, à débattre avec d’autres et à ras- sembler grand angle.

VI- LE PS

Après les élections partielles, les municipales, coincé entre un désaveu de sa politique nationale et une campagne européenne schizophrène sur l’austérité, le PS connaît un nouveau naufrage électoral. Certes, en France métropolitaine, il ne recule que de 2,51 %, passant de 16,41 % à 13,90 % (-189 064 voix), mais ce résultat intervient après celui déjà catastrophique de 2009. Le PS recule dans 88 départements métropolitains, il ne progresse sur 2009 qu’à Paris (+ 4,47%, + 31 832 voix) et en Haute-Vienne (+ 3,04%).

VII – EELV

EELV subit un sévère recul qui doit être relativisé à l’aune de ces résultats exceptionnels de 2009. EELV est en régression sur tous les départements métropolitains (-7,34 % et -1 086 979 voix), passant de 16,28 % à 8,95 %. Elle est pourtant la forma- tion, juste après le FN, qui rassemble le plus ses sympathi-sants (71 %)4.
VIII – LE TANDEM MODEM/UDI
La comparaison entre les listes Modem-UDI de 2014 et les listes Modem de 2009 est brouillée par le fait que l’ancêtre de l’UDI, le Nouveau Centre, faisait liste commune avec l’UMP en

2009. Cependant, les listes Modem-UDI progressent par rapport aux listes Modem dans 56 départements, passant de 8,38 % à 9,93 % (+1,55 % et 428 606 voix). Le cœur de cet électorat se trouve chez les plus de 60 ans et les cadres supérieurs.

IX – L’UMP

L’UMP, contrairement aux municipales et aux élections par- tielles, ne profite pas de la déroute du PS en particulier et de la gauche gouvernementale en général. La fête est à la fois gâ- chée par la forte progression du FN et la résistance des listes Modem-UDI. C’est pourquoi, en dépit de la défaite de la gauche gouvernementale, l’UMP connaît elle aussi un revers en perdant en Métropole (-6,30 %), passant de 27 % à 20,7 %, soit 714 750 voix de moins. L’UMP est en recul dans 93 départements. Si elle a su mobiliser 74 % de ses sympathisants et 58 % des élec- teurs de Sarkozy, il n’en reste pas moins que 11 % de ses sym- pathisants et 15 % des électeurs de Sarkozy de 2012 ont cette fois voté FN.
X-LEFN
Avec 25,18 % des exprimés en France métropolitaine (+18,7 % et 3 579 953 voix), le FN est le vainqueur des élections. Il pro- gresse dans tous les départements. La plus faible des progres- sions est 6,61 % à Paris, la plus forte de 26,62 % dans l’Aisne. Le FN rassemble 30 % des votants chez les moins de 35 ans,
43 % des ouvriers, 38 % des employés et 37 % des chômeurs. Le FN mobilise plus de 90 % de ses sympathisants et des élec- teurs de Marine Le Pen en 2012. Les motivations de vote sont l’immigration, la volonté de sanctionner le gouvernement mais aussi les questions économiques et sociales. Dans ce résultat, les médias dominants en ouvrant en permanence leurs plateaux aux dirigeants du FN portent une responsabilité accablante.
Il ne faut ni banaliser ce résultat en le comparant à la prési- dentielle ou en le relativisant en regard du niveau d’absten- tion, ni paniquer s’imaginant que le FN est aux portes de l’Ély- sée, ni essayer de deviner si la motivation première des élec- teurs du FN est la phobie des étrangers, la détestation du gouvernement ou les questions sociales.
Il faut s’attaquer avant tout aux problèmes politiques graves que pose ce résultat, à savoir :
• L’amalgame dans le discours frontiste entre leur fonds de commerce d’origine raciste, des références historiques aux fi- gures progressistes de l’Histoire de France, et un discours éco- nomique et social parfois pompé intégralement sur le pro- gramme du FG. Cet amalgame est une machine de guerre pour disqualifier toute alternative progressiste au couple infernal social-libéral et libéral-social.
• La question d’une partie de la jeunesse populaire, pour qui le clivage gauche-droite n’a, au vu de leurs expériences sociales et politique, guère de sens et qui est travaillé par le multicul- turalisme à la sauce Dieudonné-Soral.
• L’amalgame entre l’insécurité lié à la délinquance et l’insécu- rité sociale.
• Les questions de nation, souveraineté, citoyenneté, démocra- tie ou, pour parler concrètement, comment je peux exercer ma souveraineté à l’échelle européenne ou mondiale ?
En conclusion, ces élections européennes reproduisent en l’exacerbant un rapport de force qui s’est installé dès les pre- mières élections partielles en décembre 2012. Elles sont l’ex- pression d’une situation politique bloquée et d’une grave crise de régime au niveau national comme européen.μ

Yann Le Pollotec secteur Élections du PCF

  1. MarieChristineVergiatdanslacirconscriptionSud-Estet Jean-Luc Mélenchon dans la circonscription Sud-Ouest. Notons que ce gain intervenait alors que la France, en ap- plication du Traité de Nice, perdait 6 sièges de député par rapport à 2004. En 2014, elle a regagné deux sièges qui fu- rent attribués à la seule circonscription Île-de-France en raison de l’ajout des Français expatriés à cette circonscrip- tion.
  2. SourceIPSOSsondagedeveilledescrutin.
  3. Avantl’émergencedeNouvelledonne,leFrontdegauche

    était donné dans les sondages à un niveau entre 9 % et

    10 %.

  4. Sondage IPSOS veilledescrutin.

Les électeurs de Mélenchon de 2012 sont aussi « abstentionnistes » que ceux de Hollande, les sympathisants actuels du FG ont été avec les partisans de l’UDI les plus mobilisés pour voter. Pour la mouvance de l’extrême droite, c’est le phénomène inverse, ce sont plus les électeurs de 2012 de Le Pen que les sympathisants du FN qui sont allés aux urnes.

 

Patrick Le Hyaric, député européen de la GUE : Et pendant ce temps les bombes tombent dans un silence assourdissant

timthumb.phpDepuis 3 jours, le gouvernement israélien a déclenché son opération « Haie de protection » sur la bande de Gaza qui vit sous blocus inhumain depuis 2006.
 
Chaque jour qui passe est encore plus meurtrier que le jour précédent. Le gouvernement israélien dit avoir bombardé 840 cibles dans le cadre de cette campagne, notamment des sites de tirs de roquettes et les logements de membres du Hamas ou du Djihad islamique que l’Etat hébreu considère comme des centres de commandement des activistes palestinien. Cette opération militaire de grande ampleur, se justifierait selon Netanyahou, pour répondre aux nombreux tirs de roquettes dirigés contre les principales villes d’Israël, notamment Tel-Aviv, Jérusalem ou encore Haïfa.  Heureusement, elles ont soit été arrêtées par le système de défense « Dôme de fer », soit se sont écrasées dans des endroits où elles n’ont fait aucune victime.
 
Par contre, le bilan à Gaza est déjà très lourd et vient contredire la version officielle des autorités israéliennes. Ce n’est pas le Hamas qui est visé par des frappes chirurgicales, c’est tout un peuple qui vit sous les bombes et donne du travail aux nombreux chirurgiens gazaouis qui opèrent dans des conditions très précaires.
 
Au moins  85 personnes ont été tuées dont 14 femmes et 25 enfants, plus de 764 blessés dont plusieurs dizaines se trouvent dans un état grave. 103 maisons, 12 mosquées, 20 bâtiments publics, 22 coopératives agricoles et 6 centres éducatifs sont totalement détruits. 10 écoles et 4 clubs sportifs se trouvent très endommagés.
 
Le gouvernement israélien envisage le pire. Sous pression des personnalités politiques les plus droitières et extrémistes de son gouvernement,  le Premier ministre Netanyahou peut intervenir militairement au sol dans Gaza. Le rappel de plus de 20.000 à 40.000 réservistes laisse craindre que cette solution soit bien envisagée. La dernière opération militaire au sol, c’était « Plomb durci »  pendant l’hiver 2008-2009 et les victimes se comptaient par milliers.
 
Alors non, rien ne peut justifier une telle représailles qui s’abat sur tout un peuple. Le silence étourdissant des principales chancelleries et l’indifférence totale de la « communauté internationale » jusqu’à tard hier soir étaient insupportables.
 
Le communiqué de presse de l’Elysée est impardonnable et en rupture avec les orientations traditionnelles de la France. Il n’y a ici aucune symétrie possible entre une puissance occupante et un pays occupé. Pourtant François Hollande « a exprimé la solidarité de la France face aux tirs de roquettes en provenance de Gaza. Il lui a rappelé (à Netanyahou) que la France condamne fermement ces agressions. Il appartient au gouvernement israélien de prendre toutes les mesures pour protéger sa population face aux menaces. ».
 
Personne ne pourra dire qu’il ne savait pas. Il faut absolument que le mouvement de solidarité internationale fasse pression sur les gouvernements pour qu’il oblige le gouvernement israélien à cesser cette attaque. Et qu’ensuite la communauté internationale et les Nations Unies contraignent le même gouvernement à respecter le droit international, qui seul peut établir une paix juste et durable au Proche-Orient.

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