LA « BELLE AUDE », LA NOUVELLE VIE DES PILPA

Article de la Dépêche 03/05/2014

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Ça y est, les premières crèmes glacées produites par La Belle Aude, la coopérative montée par 19 ex-salariés de Pilpa, sont commercialisées. Un challenge économique, mais surtout une belle aventure humaine.

À mesure que Daniel colle les étiquettes sur les pots de 550 ml remplis à la main par Stéphane, Bernard engouffre les cagettes de crèmes glacées estampillées «La Belle Aude» dans le freezer, un surgélateur où les glaces vont subitement descendre de – 5 à – 30°. Une opération vitale pour éviter la formation de cristaux d’eau.

Autour de la table, ils sont six et la bonne humeur est de mise. Six des dix-neuf sociétaires coopérateurs de La Fabrique du Sud, la Scop née des cendres de Pilpa. «À l’annonce de la fermeture du site de Carcassonne, en juillet 2012, on était 124», se souvient Christophe Barbier. Après plusieurs mois de lutte syndicale contre ces licenciements boursiers, l’ancien secrétaire du comité d’entreprise est devenu président du conseil d’administration de la Scop. Maxime Jarne, le délégué syndical, en est aujourd’hui le directeur. Président, directeur… Des titres pompeux répondant à une obligation légale mais qui ne traduisent pas la réalité sociale de la situation.

À titre indicatif, l’écart entre le plus bas et le plus haut salaire est infime : de 1 250 € à 1900 €. Et si certains ont consenti à perdre du salaire, c’est qu’ils ont cru à l’aventure humaine. «Cette lutte nous a soudés. J’ai cru à ce collectif parce qu’on ne s’est jamais battus pour de l’argent mais pour l’emploi, pour maintenir l’activité», insiste Bernard Fabre.

Chez Pilpa, il était assistant qualité. Aujourd’hui, il a élargi son champ de compétences à la recherche et développement. Il a notamment bossé sur l’élaboration des produits.

«je sors grandi et fier»

Devenu responsable de l’organisation et du programme de production, Stéphane Alaux souligne à quel point ce projet de Scop a radicalement changé la manière de travailler et l’esprit d’équipe : «Avant, les cadences étaient importantes. On est passés de 2 400 pots à l’heure à 1 500 pots par jour. D’une production industrielle à une production artisanale. Chacun est responsabilisé. On fait 7 heures-19 heures et on mange ensemble. Je sors grandi et fier de cette histoire, c’était un gros challenge.»

La Fabrique du Sud commercialise aujourd’hui douze parfums et continue d’étendre sa gamme, notamment en prévision des fêtes de fin d’année. Seuls des produits nobles et locaux (quand c’est possible) entrent dans la composition des produits. Ainsi, les glaces à la pêche et à la poire (70 % de fruit) proviennent de Somail Fruits, à Sallèles-d’Aude.

Une dizaine de supermarchés de l’Aude et les PO ainsi que quelques commerces carcassonnais sont déjà conquis. «On table sur 500 000 € de chiffre d’affaires cette année en visant l’Aude et les départements limitrophes pour monter à 2,20 M€ avec commercialisation dans tout le Grand Sud la deuxième année», explique Christophe Barbier. Le marché national, ce sera pour 2016. Si tout va bien, la production sera passée de 150 000 à 700 000 pots par an.

 

Pilpa : deux ans de lutte acharnée Le chiffre : 650 Avant de commercialiser leurs premières glaces sous la marque «La Belle Aude», les ex-Pilpa ont connu deux années passablement agitées. Le 6 juillet 2012, alors que l’entreprise Pilpa réalise des profits, la direction du groupe R & R Ice cream annonce la fermeture pure et simple du site en prévision d’un tassement du marché des crèmes glacées. La lutte du pot de glace contre le pot de fer va durer près de deux ans. Deux ans d’un combat syndical acharné qui aura permis l’annulation d’un plan social, le soutien de la population et des élus, la production de glaces s’arrête définitivement sur le site en octobre 2013 pour les 99 personnes qui y travaillent encore. Auparavant, deux événements ont changé la donne : en janvier 2013, l’Agglo de Carcassonne rachète l’usine pour 1,70 M€. Trois mois plus tard, le fonds d’investissement américain Oaktree revend le groupe R & R Ice cream à PAI, un homologue français moins expéditif qui décide de soutenir le projet de Scop. Une Scop qui a pris possession des lieux en janvier 2014 et lance son activité, notamment grâce à l’aide de 1,10 M€ versée par l’ancienne direction.

J.-L. D.-C.

Belle Aude 

 

 

 


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