Archive pour mai, 2014

Européennes : déclarations le 25 mai de Pierre Laurent et J.Luc Mélenchon

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NARBONNE : projet d’arrêté anti-mendicité : allons-nous laisser faire?

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Communiqué du Pcf Narbonne sur le projet d’un arrêté municipal contre la mendicité

Arrêté anti-mendicité: inacceptable!

Il y a quelques jours, la presse locale présentait les grandes lignes d’un arrêté municipal en préparation interdisant la mendicité dans plusieurs secteurs de notre commune. Il devrait entrer en vigueur le 1er juillet pour être opérationnel durant la saison estivale. Le prétexte avancé serait le maintien de l’ordre!

Depuis …aucun démenti…aucune réaction.

Il serait impensable que des voix ne s’élèvent dans notre ville pour manifester une opposition à un tel projet.

 

Cet arrêté n’a aucune raison d’être!

Car quel que soit l’individu qui en est la cause, quelle qu’en soit la forme, tout trouble dans l’espace public est répréhensible et réprimé par la loi: l’arsenal législatif déjà existant est bien suffisant pour rétablir la tranquillité publique en toute circonstance.

 

Il est foncièrement dangereux!

Car il vise la stigmatisation d’une catégorie particulière de personnes socialement fragilisées.

Il fait un amalgame mensonger entre mendicité et agressivité, gommant la réalité d’une pauvreté extrême qui devrait nous rappeler que, dans la crise, personne n’est à l’abri de se retrouver sans rien, suite à des ruptures sociales et familiales!

 

Il est hypocrite et cynique!

Car il ne dit pas son véritable et honteux objectif: cacher la misère qui porterait atteinte, selon certaines bonnes âmes, à l’image touristique de la ville. Ne nous trompons pas! C’est bien de cela qu’il s’agit!

Pour ces gens-là, ce n’est pas l’exclusion qui est gênante mais sa présence visible qui est un témoignage – réquisitoire contre une société de plus en plus inégalitaire au point de jeter certains d’entre nous dans la rue!

L’humanité d’une société ou d’une collectivité se mesure à la façon dont elle traite celles ou ceux qui sont obligés de vivre à la marge?

 

Cet arrêté est inacceptable!

Les communistes tiennent à exprimer publiquement leur indignation.

Ils sont prêts à agir avec tout citoyen, toute association, toute organisation qui refusent une telle décision construite sur le rejet et l’exclusion…

Elections européennes : l’émission officielle du Front de gauche

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EUROPÉENNES INTERVIEW D’ALEXIS TSIPRAS, candidat de la Gauche européenne à la présidence de la Commission Européenne

 

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ALEXIS TSIPRAS :  » LE SEUL VRAI CHOIX C’EST NOUS, LA GAUCHE EUROPÉENNE, OU ANGELA MERKEL »

La Gauche européenne a le vent en poupe. Ses listes pourraient réaliser de très bonnes performances au Portugal, en Grèce, en Irlande et à Chypre. Et flirter avec les 10 % dans nombre d’autres pays comme la France et l’Espagne. Au total, elle pourrait multiplier quasiment par deux le nombre d’élus (35). Son candidat à la présidence de la Commission européenne, Alexis Tsipras, pointe, dans un entretien avec L’Humanité Dimanche, les trois axes que défendra son groupe.

Qu’est-ce que peuvent changer ces élections européennes, dans un climat de forte défiance et de désenchantement vis-à-vis du projet européen ? Qu’apporterait un bon score du PGE ?

Alexis Tsipras. Nous devons désavouer par les urnes ceux qui ont imposé l’austérité, non pour solutionner la dette colossale de l’euro zone, car ils l’ont aggravée, mais pour réorganiser les économies européennes sur le modèle du capitalisme néolibéral.

Cette fois, le vote des citoyens européens va influencer l’évolution, non seulement de chaque pays isolément, mais de l’Europe dans son ensemble. Ces élections ont une importance historique. C’est le référendum d’une vie. Parce que l’Europe se trouve à un carrefour décisif. Ou elle continuera avec de l’austérité, du chômage et de la pauvreté pour de nombreuses années, avec moins de démocratie, ou elle changera de cap, avec du développement, de la justice et du travail décent, avec plus de démocratie. Notre sort tient dans notre vote. Et le seul vrai choix c’est nous, la Gauche européenne ou Angela Merkel. Plus forte la Gauche européenne sortira des urnes, plus profondément sera ébranlé le rapport de forces actuel en Europe qui impose l’austérité permanente. Plus forts nous serons, plus grande sera notre possibilité de négocier la fin immédiate de l’austérité et le rétrécissement de l’état social, au profit du monde du travail et de la culture dans toute l’Europe. Les premiers à se rendre aux urnes doivent être les victimes de cette crise, les jeunes et les femmes. Que les pionniers du changement en Europe soient issus des chômeurs. Parce que, dans quelques jours, nous avons une occasion qui ne se présente qu’une seule fois par génération, celle de rendre l’Europe meilleure. Nous devons la saisir.

HD. Vous avez multiplié les déplacements en Europe, comment appréciez-vous la situation économique et sociale de l’UE ?

Alexis Tsipras. La gestion de la crise a accentué la crise ellemême. Elle a aggravé le problème initial qu’elle était supposée résoudre, à savoir la dette colossale de la zone euro, tandis que parallèlement la crise s’amplifiait et passait de purement financière à sociale, humanitaire et environnementale. Et conduisait au recul de la démocratie. En quatre ans, l’Europe d’après-guerre a été déstructurée. Les conséquences de cette gestion sont visibles. Un chômage très élevé chez les jeunes frappe tous les pays d’Europe, tandis que, sous la menace du chômage, la précarité de l’emploi par la violation des droits du travail devient la règle. Il y a une pauvreté, une récession dramatique, une perte importante de revenus, un démantèlement de l’État providence et des droits collectifs, une accentuation des inégalités et la redistribution de richesses et de puissances au profit de l’oligarchie financière.

HD. Quels seront les grands axes de votre politique ? Qu’allez-vous défendre au Parlement européen ?

Alexis Tsipras. Tout d’abord, ma candidature, au nom de la Gauche européenne, à la présidence de la Commission européenne, dépasse le clivage Nord-Sud. Elle unit les peuples et les pays que la gestion de la crise néolibérale divise. La Gauche européenne a pour objectif une Europe démocratique, sociale et écologique. Nous nous battrons pour mettre en pratique la réorganisation démocratique des institutions de l’Union européenne, le remaniement écologique de la production et la réforme du cadre européen en matière d’immigration. Ce sont les trois grands axes de notre politique. Dans ce contexte : – nous soutenons l’abolition immédiate de l’austérité et des mémorandums et la relance coordonnée de l’ensemble des économies européennes ; – nous voulons une véritable Banque centrale européenne, agissant comme prêteur en dernier ressort, non seulement pour les banques mais aussi pour les États ; – nous croyons que l’Europe a besoin de sa propre loi Glass-Steagall, afin de séparer les activités commerciales et d’investissement des banques, et d’éviter cette fusion dangereuse de risques en une seule entité incontrôlée ; – nous voulons une législation européenne efficace pour taxer les activités économiques et entrepreneuriales offshore ; – nous soutenons la résolution collective, fiable et décisive de la crise de la dette de la zone euro par l’organisation d’une conférence européenne de la dette, similaire à celle organisée à Londres en 1953 pour la dette de l’Allemagne. À la place d’une Europe qui redistribue les revenus aux riches et la peur aux pauvres, nous proposons notre propre Europe de la solidarité, de la sécurité économique et sociale, de l’emploi et de la prospérité.

 

HD. Quelles sont, selon vous, les premières mesures d’urgence à prendre au niveau de la gouvernance européenne ?

Alexis Tsipras. Libérer l’Europe de l’austérité sera une victoire au symbolisme puissant et aux prolongements politiques profonds. Par conséquent : – nous devrons retirer la Commission européenne de l’institution de la troïka, dans chaque pays où elle est en application ; – nous devrons geler les négociations avec les États-Unis sur le partenariat transatlantique de commerce et d’investissement (TAFTA) ; – nous devrons abolir le cadre institutionnel de la gouvernance économique imposé par le rapport actuel des forces politiques en Europe. Parallèlement, nous commencerons la réorganisation démocratique de la Commission européenne, en assurant la transparence de son fonctionnement, mais aussi la participation des citoyens à la prise des décisions qui les concernent, afin de faire face au déficit démocratique.

HD. Est-il possible de mettre en échec le TAFTA que vous évoquiez à l’issue du scrutin européen ?

Alexis Tsipras. Ce traité conduit à la dévalorisation de la démocratie. Nous ne pouvons concevoir un traité commercial qui donne la priorité à des investisseurs privés par rapport aux gouvernements démocratiquement élus, quand ils jugent que leurs « droits » sont touchés par un changement de la politique économique et d’investissement. Avec la Gauche européenne à la présidence de la Commission européenne il n’y aura pas d’accord commercial avec un tel contenu. Et il est évident que nous ferons appel au référendum pour des choix cruciaux pour la vie des citoyens de l’Union.

HD. Quelle est votre position sur l’euro ?

Alexis Tsipras. Comme vous le savez, l’abandon de la monnaie commune et la concurrence monétaire entre les États et les peuples de l’Europe ne sont pas notre choix. Nous ne sortirons de la crise ni par une dévaluation interne, comme le veulent les mémorandums, ni par une dévaluation monétaire. Nous sortirons de la crise par l’effacement de dettes et par un nouveau pacte social, avec un new deal européen pour financer la croissance, renforcer l’emploi et la cohésion sociale.

HD. Les libéraux européens citent l’Espagne, l’Italie et la Grèce comme des symboles de la réussite des politiques d’austérité, qu’avez-vous envie de leur répondre ?

Alexis Tsipras. Je réponds par quelques chiffres qui prouvent que l’austérité néolibérale en Grèce est un crime. Selon les éléments de la Commission européenne, la pauvreté en Grèce est hors de contrôle : 34,6 % de la population grecque est menacée par la pauvreté et l’exclusion sociale. Ce pourcentage a augmenté de cinq points durant la période 2008-2012. C’est le quatrième plus haut taux dans l’Union européenne derrière la Roumanie, la Bulgarie et la Lettonie. La pauvreté des travailleurs concerne 15 % de la population. Six personnes sur dix ne vont jamais chez leur médecin parce qu’elles n’ont pas d’argent. Trois millions de personnes, sur une population totale de onze millions, n’ont pas d’assurance santé. 40 % de la population économise sur la nourriture pour acheter ses médicaments. Selon le rapport de l’Institut du travail de la GSEE pour 2013, à la fin de l’année, le chômage a atteint le niveau de 1961, soit environ 30 %. En 2014, il atteindra 31,5 %. Le niveau de vie des citoyens s’est dégradé d’au moins 50 % par rapport à celui de 2008 à cause de la diminution des salaires, des retraites, et aussi à cause des charges fiscales. La demande intérieure a diminué de 31,3 % entre 2009 et 2013, revenant au niveau de 1999. En quatre ans d’application, le mémorandum a plongé l’économie grecque dans une récession profonde et qui perdure. Concrètement, la récession due au mémorandum a dépassé 2,2 % rien qu’en 2013, contre une récession totale de 3,3 % pour 2008 à 2009. Globalement, la Grèce a perdu plus d’un quart du revenu national d’avant la crise. Pour 2014, l’OCDE prévoit une récession de 0,3 % pour l’année et reporte la croissance à 2015 – et ça sous conditions. Ce même mémorandum a propulsé la dette publique à un niveau très élevé, sans précédent et non viable. Il l’a augmentée d’environ 50 % en pourcentage du PIB. Elle atteint aujourd’hui 176 % du PIB.

HD. Quelles leçons tirez-vous de la crise ukrainienne ?

Alexis Tsipras. L’Europe, malheureusement, expérimente à nouveau en Ukraine l’arsenal de la guerre froide.

 

Elle a très vite oublié qu’elle en a été la plus grande victime. Comme elle a aussi oublié aussi que ses fondateurs l’avaient conçue pour être le garant de la paix dans l’Europe d’après-guerre. Et le chemin de la paix c’est le dialogue, pas les sanctions. C’est pourquoi nous demandons à toutes les parties impliquées, à l’OTAN, aux États-Unis et à la Russie, d’éviter tout mouvement d’escalade de la crise. Toutes les parties doivent immédiatement cesser les menaces et l’usage de la force. Et pour qu’il n’y ait pas de nouvelles annexions en violation du droit international, il faut que cessent immédiatement les opérations de la garde nationale dans l’est de l’Ukraine. Que les néonazis soient écartés du gouvernement de transition de l’Ukraine. Que les forces de l’OTAN se retirent des pays voisins de la Russie. Que les forces russes se retirent des frontières de l’Ukraine. Un nouvel Helsinki est urgent, une nouvelle conférence pour la création d’un système de sécurité collective en Europe, avec la participation de la Russie dans le cadre de l’Organisation pour la sécurité et la coopération en Europe (OSCE). Une conférence sans gagnants ni perdants. L’Ukraine unifiée, éventuellement sous la forme d’une fédération si ses citoyens le choisissent, peut être un pont entre l’Est et l’Ouest. L’Union européenne n’a pas à pousser l’Ukraine à choisir un camp.

 

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LA « BELLE AUDE », LA NOUVELLE VIE DES PILPA

Article de la Dépêche 03/05/2014

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Ça y est, les premières crèmes glacées produites par La Belle Aude, la coopérative montée par 19 ex-salariés de Pilpa, sont commercialisées. Un challenge économique, mais surtout une belle aventure humaine.

À mesure que Daniel colle les étiquettes sur les pots de 550 ml remplis à la main par Stéphane, Bernard engouffre les cagettes de crèmes glacées estampillées «La Belle Aude» dans le freezer, un surgélateur où les glaces vont subitement descendre de – 5 à – 30°. Une opération vitale pour éviter la formation de cristaux d’eau.

Autour de la table, ils sont six et la bonne humeur est de mise. Six des dix-neuf sociétaires coopérateurs de La Fabrique du Sud, la Scop née des cendres de Pilpa. «À l’annonce de la fermeture du site de Carcassonne, en juillet 2012, on était 124», se souvient Christophe Barbier. Après plusieurs mois de lutte syndicale contre ces licenciements boursiers, l’ancien secrétaire du comité d’entreprise est devenu président du conseil d’administration de la Scop. Maxime Jarne, le délégué syndical, en est aujourd’hui le directeur. Président, directeur… Des titres pompeux répondant à une obligation légale mais qui ne traduisent pas la réalité sociale de la situation.

À titre indicatif, l’écart entre le plus bas et le plus haut salaire est infime : de 1 250 € à 1900 €. Et si certains ont consenti à perdre du salaire, c’est qu’ils ont cru à l’aventure humaine. «Cette lutte nous a soudés. J’ai cru à ce collectif parce qu’on ne s’est jamais battus pour de l’argent mais pour l’emploi, pour maintenir l’activité», insiste Bernard Fabre.

Chez Pilpa, il était assistant qualité. Aujourd’hui, il a élargi son champ de compétences à la recherche et développement. Il a notamment bossé sur l’élaboration des produits.

«je sors grandi et fier»

Devenu responsable de l’organisation et du programme de production, Stéphane Alaux souligne à quel point ce projet de Scop a radicalement changé la manière de travailler et l’esprit d’équipe : «Avant, les cadences étaient importantes. On est passés de 2 400 pots à l’heure à 1 500 pots par jour. D’une production industrielle à une production artisanale. Chacun est responsabilisé. On fait 7 heures-19 heures et on mange ensemble. Je sors grandi et fier de cette histoire, c’était un gros challenge.»

La Fabrique du Sud commercialise aujourd’hui douze parfums et continue d’étendre sa gamme, notamment en prévision des fêtes de fin d’année. Seuls des produits nobles et locaux (quand c’est possible) entrent dans la composition des produits. Ainsi, les glaces à la pêche et à la poire (70 % de fruit) proviennent de Somail Fruits, à Sallèles-d’Aude.

Une dizaine de supermarchés de l’Aude et les PO ainsi que quelques commerces carcassonnais sont déjà conquis. «On table sur 500 000 € de chiffre d’affaires cette année en visant l’Aude et les départements limitrophes pour monter à 2,20 M€ avec commercialisation dans tout le Grand Sud la deuxième année», explique Christophe Barbier. Le marché national, ce sera pour 2016. Si tout va bien, la production sera passée de 150 000 à 700 000 pots par an.

 

Pilpa : deux ans de lutte acharnée Le chiffre : 650 Avant de commercialiser leurs premières glaces sous la marque «La Belle Aude», les ex-Pilpa ont connu deux années passablement agitées. Le 6 juillet 2012, alors que l’entreprise Pilpa réalise des profits, la direction du groupe R & R Ice cream annonce la fermeture pure et simple du site en prévision d’un tassement du marché des crèmes glacées. La lutte du pot de glace contre le pot de fer va durer près de deux ans. Deux ans d’un combat syndical acharné qui aura permis l’annulation d’un plan social, le soutien de la population et des élus, la production de glaces s’arrête définitivement sur le site en octobre 2013 pour les 99 personnes qui y travaillent encore. Auparavant, deux événements ont changé la donne : en janvier 2013, l’Agglo de Carcassonne rachète l’usine pour 1,70 M€. Trois mois plus tard, le fonds d’investissement américain Oaktree revend le groupe R & R Ice cream à PAI, un homologue français moins expéditif qui décide de soutenir le projet de Scop. Une Scop qui a pris possession des lieux en janvier 2014 et lance son activité, notamment grâce à l’aide de 1,10 M€ versée par l’ancienne direction.

J.-L. D.-C.

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Alsthom : la question de la nationalisation – et de la responsabilité du gouvernement de Mr Hollande est posée

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Face au projet de démembrement d’Alstom au profit de l’américain Général Electric, le gouvernement tente une opération avec l’allemand Siemens. Cet emballement ne doit pas se conclure par un choix entre la peste et le choléra. Pour l’intérêt de la France et des salariés du groupe, il faut refuser de laisser partir un fleuron industriel stratégique hors du territoire national.
Le gouvernement français n’a pas à accepter que l’issue des enjeux industriels et stratégiques autour d’Alstom se résument à arbitrer entre deux OPA. L’Airbus industriel énergétique européen évoqué ces dernières heures pour contrer Général Electric, aura comme conclusion un Siemens de l’énergie, déconnecté de la branche transport qui n’y résistera pas. Il s’agit donc d’un marché de dupes.
Il existe une alternative : la constitution d’un grand pôle public de l’énergie et des transports, seule garantie de l’indépendance industrielle de la France. La question de la nationalisation d’Alstom est posée. Elle est possible : de grands clients du groupe comme EDF, la SNCF, la RATP, AREVA, pourraient souscrire au capital d’Alstom dans le cadre de nouvelles conventions de coopérations stratégiques, industrielles et financières favorables à l’emploi et à l’efficacité sociale.

Pour mieux comprendre :nationaliser : l’Europe l’interdit-elle? rappel d’un article de la REVUE DU PROJET DE 2013

Avoir le courage de nationaliser
Entretien avec Jacky Hénin*
Léo Purguette : Les salariés de Petroplus revendiquent la nationalisation de leur entreprise. Les règles de l’Union européenne l’interdisent-elles ?
Jacky Henin : D’abord, ce que les salariés réclament est une très bonne chose. Ils proposent ni plus ni moins de rendre à la France sa capacité à être en permanence indépendante. Dans la situation actuelle, c’est tout le contraire : le raffinage dans notre pays est entièrement tributaire du privé. Les salariés savent que face aux décisions des grands groupes déconnectés des intérêts de la population et du pays, des nationalisations doivent intervenir. Quant à l’Europe qu’elle soit d’accord ou pas, le fond du problème n’est pas là. Serait-elle prête à engager un bras de fer avec la France, pays fondateur, important contributeur, peuplé de 65 millions d’habitants ? Il faut avoir du courage et de l’ambition pour notre peuple !
L. P. : Selon vous, l’Union européenne serait donc l’alibi d’une gauche timorée ?
J. H. : C’est plus qu’un alibi puisque la gauche social-démocrate tout en prétendant arrondir les angles, admet, prolonge, renforce les logiques d’austérité prônées sur le plan européen. Cette gauche-là doit comprendre qu’elle mène la France dans le mur en poursuivant sur cette lancée. L’Europe telle qu’elle a été conçue permet un double profit aux capitalistes : en délocalisant les productions hors du continent où elles seront finalement consommées et en domiciliant leur siège dans un pays de l’Union à la fiscalité minime. Résultat : chômage, perte des savoir-faire, dégradation du pouvoir d’achat, désertification industrielle… C’est cela qu’il faut combattre de front, cela implique d’en avoir l’ambition et de s’en donner les moyens. Les nationalisations en font partie.
L. P. : Cela suppose-t-il de changer les statuts de la Banque centrale européenne (BCE) pour mobiliser l’argent au service d’une nouvelle politique ?
J. H. : Il ne s’agit pas de modifier quelques méthodes de travail à la marge. Il faut mettre complètement à plat les règles qui régissent la BCE, à commencer par son indépendance. C’est une fumisterie de ceux qui veulent utiliser l’Europe comme une garantie de leurs politiques libérales. La BCE doit être placée sous la responsabilité des politiques et l’ensemble de son action tournée vers l’objectif de soutenir un développement porteur de justice sociale, fiscale et environnementale.
L. P. : Comment imaginez-vous les relations entre les secteurs nationalisés de chaque pays dans une Europe profondément transformée ? Coopération ? Mise en réseau ? Intégration ? Y a-t-il des secteurs qu’il faudrait « européaniser » ?
J. H. : Le secret de la réussite réside dans le principe de coopération. Travaillons, réfléchissons ensemble, c’est ça la clef. Airbus, Ariane Espace, tout ce que l’Europe a produit de mieux c’est dans la coopération qu’elle l’a fait. Si on veut – non pas faire un maximum de fric – mais satisfaire les besoins de 500 millions d’hommes et de femmes qui habitent ce continent, c’est, me semble-t-il, la seule voie.
Assurer à chacune et chacun une vie digne et sortir nos peuples de la crise actuelle qui est celle du système capitaliste, cela passe par la prise de contrôle, dans l’industrie notamment, d’entreprises stratégiques.
Nous sommes dans une situation comparable d’une certaine façon à 1789. Il est temps d’abolir les privilèges qui existent aujourd’hui.

*Jacky Hénin est député européen (PCF), membre de la commission Industrie, recherche et énergie du parlement européen.

La Revue du projet, n° 27, mai 2013
 

HOLLANDE-VALLS : L’AUSTÉRITÉ SANS HÉSITATION

HOLLANDE – VALLS

L’AUSTERITE SANS HESITATION

50 milliards de coupes budgétaires, les cadeaux aux patrons qui continuent, les services publics à la moulinette… plus personne ne peut décemment nommer de gauche le pacte de responsabilité du gouvernement. A l’assemblée nationale, l’hostilité à ce projet a traversé tous les groupes de gauche, y compris le groupe socialiste. Tous les députés Front de gauche et une grande majorité d’EELV ont voté contre. 41 députés socialistes ont refusé de le cautionner. Ce plan n’a pu passer qu’avec la complicité du centre. La droite en a fait l’éloge. Pas étonnant, il s’inscrit dans le droit fil de la politique de Nicolas Sarkozy.

Manuel Valls est passé sur l’autre rive en assumant une politique de droite

 

A la tribune de l’Assemblée nationale, le Premier ministre a répondu à la fronde de députés socialistes par quelques aménagements cosmétiques mais l’affront à notre pays, aux familles, aux fonctionnaires et aux retraités est assumé crânement.

Pour la première fois sous la V° République, un chef de gouvernement issu d’une majorité parlementaire de gauche défend une politique dont la droite et le patronat avaient rêvé sans jamais espérer aller aussi loin, aussi brutalement.

Un âge d’or pour les entreprises, sans contre-partie, payé sur le dos du monde du travail et des plus fragiles. Une hémorragie de 50 milliards d’euros dans la dépense publique et sociale pour moins de service public, de solidarité et d’égalité de traitement, le dynamitage en règle de la protection sociale et de la démocratie locale.

Il n’y aura pas  « d’apaisement » avec une telle orientation comme y invite M.Valls mais une aggravation rapide et dangereuse de la crise politique, sociale et économique. « Ce qui empêche d’installer la confiance », c’est une politique de droite alors que le changement, en 2012, avait été annoncé à gauche. Le premier ministre lui est passé sur l’autre rive en assumant une politique de droite : celle d’une austérité à perpétuité.

 

CONTRE LA LOI DE LA FINANCE EN FRANCE COMME EN EUROPE

L’HUMAIN D’ABORD

LE 25 MAI VOTONS FRONT DE GAUCHE

 

JEAN-LUC MÉLENCHON À NARBONNE : VIDÉO DE MARGOT GUILLEMOT

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