La caisse noire des patrons : les millions du lobbyng politique

Laurence Parisot, dans le rôle de la grande moraliste, prétend n’avoir rien su de l’existence d’une caisse noire de 600 millions d’euros gérée en douce par la fameuse UIMM (la métallurgie), une des plus puissantes organisations du MEDEF. Elle prétend aussi n’avoir jamais eu connaissance des retraits en espèces effectués dans ce pot par Gautier-Sauvagnac.

Bref ce serait chez les patrons la lutte de la jeune garde contre la vieille garde, du 21è siècle contre le 19è, de l’économie des services de demain contre le monde industriel d’hier, des zorros de la transparence contre les seigneurs de l’opaque. Qui peut croire cette fable ?

Reste que depuis l’irruption de l’affaire il y a six mois sur le devant de la scène, les noms des destinataires des valises de billets sont toujours inconnus au bataillon. Dans une chronique du journal Les Echos, on lit : « Comment la présidente du MEDEF a pu découvrir si tard ce que tout le milieu savait déjà ? » Quel aveu !

De fait, le syndicat patronal ne s’est jamais privé de mettre en œuvre tous les moyens pour défendre les intérêts de ses mandants. Parisot n’a sans doute pas oublié le tabac qu’elle avait fait à l’assemblée générale du MEDEF dans le Doubs en janvier 2006 en lançant sous les vivats : « Nous sommes engagés résolument dans le lobbying parlementaire et politique ».

Et ce n’est un secret pour personne que des députés et des sénateurs ont pour le MEDEF l’oreille la plus attentive et ont l’art des amendements aux textes qui roulent pour ces messieurs des entreprises : Charles-Amédée de Courson, Hervé Mariton, Louis Giscard d’Estaing, Aymeri de Montesquiou, Olivier Dassault, on en passe et des meilleurs, sont ainsi dans les petits papiers du MEDEF.

On n’attrape pas les mouches avec du vinaigre… Alors recruter des commandos de petites frappes contre les piquets de grève, alimenter les comptes des patrons qui font face à un conflit, acheter des journalistes (ou des syndicalistes de peu), faire le siège des préfectures ou des ministères relève de la panoplie classique. Cela s’appelle la lutte des classes.

Et les citoyens ne s’y trompent pas. Dans un sondage CSA/L’Humanité, une grande majorité d’entre eux estiment que cette faire de caisse noire est grave, que la direction du MEDEF était au courant. Sarkozy, ami des grands affairistes, vient d’ailleurs de payer cette complicité, dans les urnes.

 


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